mardi 9 mars 2010

Droit de réponse

Comme répondre dans la page commentaire n'est pas possible (j'utilise plus que les 4096caractères autorisés) je profite de mon super pouvoir d'auteur pour monopoliser un post entier et répondre à un commentaire sur le post précédent.

Je reprends le commentaire d'une bénévole de la Leche League.

Anonyme a dit…

bonjour,
je suis bénévole à LLL et

1) LLL ne s'est jamais exprimée sur les ondes sur Badinter (nosu n'avons pas ses moyens ;-) ).

Donc le discours que vous présenté comme celui de LLL c'est celui que badinter présente comme étant celui de LLL.


2) LE truc de LLL c'est d'accompagner les choix de chacune, de redonner à chaque mère confiance en SES capacités , à décider ce qui est mieux POUR ELLE (empowerment)

Pour lire la réaction de LLL : www.lllfrance.org

Beaucoup de nos bénévoles qui aident au quotidien avec cœur, ont été dégoutées de lire les diverses diffamations qui ont été diffusées.

Venez donc voir par vous même, il y a peut-être une réunion pas loin de chez vous (ou bien passez un coup de fil, c'est anonyme ;-)))
Vous verrez bien.


Et voici ma réponse :

Bonjour Madame/Monsieur,

Comme dit dans le texte publié, je n'ai effectivement pas écouté autre chose que l'émission, et j'ai posté juste après. A aucun moment dans le post précédent je n'ai critiqué l'action concrète la LL. J'ai surtout critiqué les deux positions exposées sur une radio publique à savoir qu'on est soit pour, soit contre, sans nuance.

Je comprends que face à des charges virulentes contre l'allaitement long, et à la mauvaise image historique de l'allaitement en France, la LL adopte des positions elles aussi radicales, mais ce n'est pas l'action de la LL que je conteste dans le post précédent, ni les propos d'Elizabeth Badinter (que je pensais trop intelligente pour commettre un amalgame pareil, mettre dans le même panier allaitement, choix des couches, droit des femmes et aliénation, c'est vraiment de très mauvais goût et surtout très faux). Vos guéguerres, je m'en fiche un peu en fait.

En revanche, suite à votre message, je suis allée voir le site de la LL. Et là, je dois dire que j'ai trouvé deux trois trucs qui me gênent, et qui pour le coup me forcent à émettre des critiques non pas sur votre action, mais sur les principes pour lesquelles cette action est menée.

Quand je lis : "Le maternage par l'allaitement est le moyen le plus naturel et le plus efficace pour comprendre et satisfaire les besoins du bébé.", je vois un début de culpabilisation pour les femmes qui ne choisissent pas l'allaitement, et qui louperont quelque chose en ne donnant pas le sein, voire ne sauront pas "satisfaire les besoins du bébé".

Quand je lis : "Enfin, et pour conclure, oui, nous pensons que les besoins du bébé, immature et vulnérable, sont prioritaires, et que sa mère est la personne la mieux à même d'y répondre.", je trouve une contradiction avec votre concept de l'empowerment (la femme ne décide donc pas ce qui est bon pour elle, puisqu'elle est par défaut garante des bons soins à son petit) , et une hiérarchisation inadmissible entre le père et la mère dans leur capacité à prendre soin de leur enfant.

Placer une idéologie sur un acte qui relève du privé et du quotidien, et cataloguer les femmes en fonction de critères comme le choix de l'alimentation de son enfant est d'une stupidité infinie. Des femmes veulent allaiter deux ans, parfait. Des femmes ne veulent pas allaiter, c'est bien aussi.

On a aujourd'hui assez de recul pour savoir que le lait maternisé ne présente pas de danger pour l'enfant. Il est certes un peu moins adapté que le lait de la mère, pour des raisons évidentes, mais induire l'idée qu'en n'allaitant pas son enfant et en optant pour cette solution alternative, on lui fait potentiellement du mal, c'est pour moi inacceptable, et c'est ce genre de message qui pousse des femmes à allaiter alors qu'elles n'en ont pas envie, et à choisir ce qui est "bon" pour leur bébé avant de se demander si elles seront heureuses en faisant ce choix, et sans mesurer le réel rapport bénéfice/risque.

Je ne pense pas que les femmes, ou les hommes d'ailleurs, aient besoin de gens qui leur redonnent confiance en leurs capacités (d'ailleurs, vous voyez, dans votre commentaire, vous parlez de capacités quant il s'agit d'allaitement, est-ce à dire que les femmes qui n'allaitent pas le font par manque de volonté ou par faiblesse?).Ils doivent juste avoir la possibilité de faire les choix qui les rendent heureux dans leur relation mère/père-enfant.

De même, il n'y a aucun discours qui redonne leur place aux pères, et on ne s'émeut pas du fait que beaucoup d'hommes et de femmes associent soin du bébé avec perte de virilité, et je suis au regret de vous dire que la LL contribue à ce discours qui remet la femme au centre de la famille, et lui fait porter la responsabilité de la bonne santé de ses enfants.


Bref tout ça pour dire que ce débat me semble à mille lieux de la réalité, et que finalement, c'est chacun sa vie.

PS : si la LL veut arrêter de passer pour une secte, elle devrait changer de stratégie de communication, par ce que votre intervention sent quand même l'embrigadement à plein nez.