jeudi 11 février 2010

A chaud

Je viens de finir d'écouter l'emission "La tête au carré" sur Inter, avec Elisabeth Badinter, avec comme sujet euh... ouais ça traitait vaguement du féminisme, mais surtout de l'allaitement.

Bon en gros, ça me soûle d'entendre des gens qui font de l'idéologie quand il s'agit de mes nichons.

Surtout que le discours en gros, se résume à :

- Elisabeth Badinter : "les femmes qui allaitent ne le font pas toutes pour les bonnes raisons, et une mauvaise raison est de le faire au nom de valeurs obsolètes. Mais bon, ça reste un choix personnel, mais ce serait mieux pour leur bien qu'elles fassent le bon ces connes"
- La Leche League : "les femmes qui n'allaitent pas ne le font certainement pas par choix (sinon ce sont de mauvaises mères qui ne veulent pas le meilleur pour leur enfant), mais par manque d'informations. Si elles étaient informées, 100% des femmes allaiteraient comme dans les pays du nord, et même que le biberon c'est mal. Et vive les purées maison. Mais bon, ça reste un choix personnel, mais ce serait mieux pour leur bien qu'elles fassent le bon ces connes."

Quelque soit ton choix, on va 1/ te cataloguer comme pro ou contre-allaitement 2/ te dire que tu as fait le bon choix ou le mauvais choix. (bravo/pauvre pétasse rayer la mention inutile)

Alors moi je te pose la question : y a-t-il un bon choix?

Dans l'emission d'inter, on parle de la catégorie des trentenaires écolos qui reviennent à la nature en courant nues dans la forêt à leurs heures perdues, un bébé à leur sein et un babycook entre les dents, dans lequel elles cuisineront les légumes cueillis dans la nature, garantis sans pesticides. D'où vient cette manie de catégoriser les gens?

T'as les pétasses qui s'habillent en pilou pour que ça gratte plus fort et qui s'entredéchirent pour savoir si la babycook c'est mieux que la fourchette pour écraser les légumes bios, et les connasses en tailleur, qui font passer leur carrière avant le bien-être de leur enfant et leurs filent des petits pots au cyanure.
Cherche pas, la nuance est peu admise dans ce débat. Une nana qui n'allaite pas mais qui prend le temps d'écraser une patate le soir pour son môme, ça n'existe pas. Une nana qui allaite mais qui n'a pas le temps d'écraser la patate le soir pour son môme, ça n'existe pas non plus.

Puis bon, bonjour le vocabulaire. La femme "tente" d'allaiter, elle "n'y arrive pas", ça ne "marche pas". On parle d'un allaitement "réussi". Comme si c'était la femme qui devait par ses effort correspondre. L'allaitement, c'est facile, il suffit de le vouloir (sous entendu si tu n'allaites pas, c'est que tu manques de volonté, pas "vouloir" au sens où tu l'as choisi).

Alors, pourquoi ne pas prendre l'allaitement comme une simple question qui se pose, et qui appelle une réponse? "Est-ce que l'allaitement me convient?" "Oui, ça me plaît, non ça ne me plaît pas". Point. de la même manière qu'à un moment tu te demandes "slip ou string?". On choisit rarement ses sous-vêtements par idéologie... et pour moi, la décision d'allaiter relève de l'intime, et des personnes extérieures n'ont pas à interférer.

Et puis d'abord, j'admets mal que des gens que je ne connais pas me disent quoi faire de mes nichons, de mon utérus ou de mes poils au nom d'une idéologie.

Merde alors.