vendredi 30 avril 2010

Bordel intégral

Ralala.

Du cul, de la religion, du fric, un mec qui réalise le fantasme de milliers de gars, et qui a du coup un point commun avec Carla Bruni.

C'est du putain de matos pour les médias ça coco.

A l'heure où on regarde sur TF1 une gonzesse rouler des patins à deux gars en même temps (vers 22 minutes ) , dans une pièce plongée dans le noir, on s'offusque qu'un musulman intégriste qui déguise ses femmes et bat ses enfants (dire toute cette proposition très vite sans respirer), fasse de même.

Bon ça c'était le 1/4 d'heure mauvaise foi, juste histoire de dire que j'ai un peu mal à ma presse en ce moment.

Pour revenir sur l'incident en lui-même, je suis attérée sur plusieurs points :

- j'ai lu pas mal de trucs, que ce soit sur Libé, Le Monde, Le Figaro (d'ailleurs, les commentaires sur les éditions en ligne reflètent la fosse septique mentale dans laquelle se trouvent un paquet de gens), des journaux qui se veulent sérieux et pros... après des heures de lecture, je n'ai pas vu de faits avérés, uniquement des suppositions, mais qui sont bonnes pour faire un article. Donc en gros, on a rien contre le mec, mais il paraît qu'il a fait ceci ou il paraît qu'il est comme ça. En revanche, on connaît son nom, on sait où il habite et la tête qu'il a. Même s'il s'avère que tout est faux, la réputation du gars est détruite.

- le ministre de l'Intérieur requiert des peines à l'encontre du mec, dont la déchéance de sa nationalité, sans se soucier de la véracité de ses allégations. Hortefeux est quand même régulièrement au contact de Michèle Alliot-Marie, mais il s'assoit joyeusement sur le principe de présomption d'innocence pour organiser le lynchage médiatique d'un homme, et ne se soucie pas de savoir si la déchéance de la nationalité s'applique dans ce cas. Il va sûrement changer la loi pour ça aussi, comme ça, quand tu n'est pas français de naissance, tu gicleras à la moindre connerie.

- on a appris en l'espace d'une semaine, avec une découverte par jour, que le barbu intégriste était :
- barbu et intégriste, avec une sale tête
- polygame
- fraudeur
- violent
- pas apprécié par la communauté musulmane de son patelin

Sur le premier point, c'est déjà le délit de sale gueule. Le mec appartient à un mouvement sectaire, mais c'est tout l'islam qui est critiqué à travers lui. Quand je lis que depuis hier, des CRS refusent de manger de la viande hallal sous prétexte de combattre l'invasion barbare, je me marre doucement. C'est super qu'une nation se mette en résistance, on n'attendait que ça. Mais pourquoi donc se mettre en résistance contre une mouvance qui réunit 10 000 pécores à tout casser, et pas, par exemple contre un pouvoir qui enfonce les plus faibles et les plus pauvre?

Ensuite, la polygamie. Je ne vais pas remettre le lien du blog d'Eolas sur le sujet, qui est très précis. En gros, la loi ne réprime pas le fait d'avoir plusieurs nanas, à condition que les unions restent officieuses vis-à-vis du droit français. Et là, j'entends ça et là, qu'il faut donc changer la loi, ce qui reviendrait à rétablir le délit d'adultère... je sens comme un retour à avant 68...

Une fois tout cela dit, on apprend qu'en plus d'agresser le citoyen en lâchant Batman dans la rue, il nous nique tous en s'attaquant à nos portefeuilles. Il fraude les allocs, il empoche de l'argent public indû, il est donc l'ennemi du contribuable français, le tien, le mien... sauf qu'on oublie de dire que les impôts sont payés par tous les gens qui perçoivent des revenus : toi, moi, mes parents algériens... mais c'est pas grave, il reste l'étranger qui fait rien qu'à venir pomper le fric du français.

On commence à entrevoir l'ennemi numéro 1, il a la tête de l'emploi. D'ailleurs, j'attire ton attention sur un article du Figaro , où on a droit à un portrait du mec, avec photo, détails de sa vie, et surtout un titre digne des articles que l'on a pu lire sur Raël, ou Pasqua, ou un tueur en série lambda. Tiens d'ailleurs, j'avais pas vu, il ferait en plus des allers-retours réguliers au Moyen-Orient, il est sûrement apprenti-terroriste en plus.

Et puis il bat ses femmes. Ah la la ces musulmans, qu'est-ce qu'il sont salauds quand même. et comment c'est pratique la burqa pour cacher les plaies et les bleus...

Bon tout ça pour dire que le gars est en plus certainement un connard, mais que l'on relie sa malhonnêteté à sa qualité de musulman. Pas de membre d'une secte, de musulman. Et de musulman, on glisse vers l'arabe, puis l'immigré, avec tous les fantasmes liés à ces termes.

Dans les commentaires que j'ai pu lire sur différents journaux en ligne (oui, je me fais du mal à lire ces trucs, mais je trouve que l'on a une bonne idée de la droitisation des esprits) , j'ai pu relever :

- "première question à se poser : cet homme travaille-t-il?"
Ben oui, il travaille, il est même chef d'entreprise. Heureusement pour lui, sinon on aurait pu ajouter "chômeur" à la liste ci-dessus.

- "je suppose que vous vous foutez du sort des enfants (enfermés pour ânonner le coran le Coran, comme nous dit Libé) et que vous ne voyez aucune objections si on augmente vos cotisations pour engraisser cet escroc?" Ca, c'est une réaction type quand quelqu'un critique l'action désordonnée de notre Ministre de l'Intérieur, et l'instrumentalisation d'un fait divers pour faire remonter sa cote et celle du gouvernement. Je vais mettre mon voile, vite.

- "On est en France, le pays de la liberté, c'est inadmissible que des islamistes viennent dicter leurs lois chez-nous, hier, le niqab, aujourd'hui la polygamie et demain ça sera la guerre sainte comme ils l'appelle ils tueront les non musulmans, les chrétiens, les juifs qui croient à la monogamie au respect de la femme, on l'enferme pas sous une tente on la bat pas." Encore une fois, quelques milliers d'islamistes face à plusieurs millions de non-islamistes... le rapport de force me semble clair.

Et je te passe les commentaires sexistes genre "elle a de beaux yeux sous son niqab, je suis sûr qu'en fait elle est vachement bonne, c'est du gâchis". Et après ça invoque le droit des femmes.

M. Hamster me dit "dans cinquante ans, on regardera les actualités de notre époque et on sera morts de rire devant la grossièreté de la représentation de l'autre... comme aujourd'hui on rit de la représentation du juif ou de l'arabe dans les années 30, avec le gros nez, les pattes d'araignée pour l'un, le nez en merguez et le poignard ondulé pour l'autre, persuadés qu'on est au-delà de ça" (point Godwin assumé ici).

J'avoue que depuis quelques mois, je déchante. Je pensais vivre dans une société un peu plus civilisée qu'il y a cinquante ans, mais je me rends compte que 1/ non, et que 2/ on manque vraiment de modestie quant à notre capacité de vivre ensemble.

mardi 9 mars 2010

Droit de réponse

Comme répondre dans la page commentaire n'est pas possible (j'utilise plus que les 4096caractères autorisés) je profite de mon super pouvoir d'auteur pour monopoliser un post entier et répondre à un commentaire sur le post précédent.

Je reprends le commentaire d'une bénévole de la Leche League.

Anonyme a dit…

bonjour,
je suis bénévole à LLL et

1) LLL ne s'est jamais exprimée sur les ondes sur Badinter (nosu n'avons pas ses moyens ;-) ).

Donc le discours que vous présenté comme celui de LLL c'est celui que badinter présente comme étant celui de LLL.


2) LE truc de LLL c'est d'accompagner les choix de chacune, de redonner à chaque mère confiance en SES capacités , à décider ce qui est mieux POUR ELLE (empowerment)

Pour lire la réaction de LLL : www.lllfrance.org

Beaucoup de nos bénévoles qui aident au quotidien avec cœur, ont été dégoutées de lire les diverses diffamations qui ont été diffusées.

Venez donc voir par vous même, il y a peut-être une réunion pas loin de chez vous (ou bien passez un coup de fil, c'est anonyme ;-)))
Vous verrez bien.


Et voici ma réponse :

Bonjour Madame/Monsieur,

Comme dit dans le texte publié, je n'ai effectivement pas écouté autre chose que l'émission, et j'ai posté juste après. A aucun moment dans le post précédent je n'ai critiqué l'action concrète la LL. J'ai surtout critiqué les deux positions exposées sur une radio publique à savoir qu'on est soit pour, soit contre, sans nuance.

Je comprends que face à des charges virulentes contre l'allaitement long, et à la mauvaise image historique de l'allaitement en France, la LL adopte des positions elles aussi radicales, mais ce n'est pas l'action de la LL que je conteste dans le post précédent, ni les propos d'Elizabeth Badinter (que je pensais trop intelligente pour commettre un amalgame pareil, mettre dans le même panier allaitement, choix des couches, droit des femmes et aliénation, c'est vraiment de très mauvais goût et surtout très faux). Vos guéguerres, je m'en fiche un peu en fait.

En revanche, suite à votre message, je suis allée voir le site de la LL. Et là, je dois dire que j'ai trouvé deux trois trucs qui me gênent, et qui pour le coup me forcent à émettre des critiques non pas sur votre action, mais sur les principes pour lesquelles cette action est menée.

Quand je lis : "Le maternage par l'allaitement est le moyen le plus naturel et le plus efficace pour comprendre et satisfaire les besoins du bébé.", je vois un début de culpabilisation pour les femmes qui ne choisissent pas l'allaitement, et qui louperont quelque chose en ne donnant pas le sein, voire ne sauront pas "satisfaire les besoins du bébé".

Quand je lis : "Enfin, et pour conclure, oui, nous pensons que les besoins du bébé, immature et vulnérable, sont prioritaires, et que sa mère est la personne la mieux à même d'y répondre.", je trouve une contradiction avec votre concept de l'empowerment (la femme ne décide donc pas ce qui est bon pour elle, puisqu'elle est par défaut garante des bons soins à son petit) , et une hiérarchisation inadmissible entre le père et la mère dans leur capacité à prendre soin de leur enfant.

Placer une idéologie sur un acte qui relève du privé et du quotidien, et cataloguer les femmes en fonction de critères comme le choix de l'alimentation de son enfant est d'une stupidité infinie. Des femmes veulent allaiter deux ans, parfait. Des femmes ne veulent pas allaiter, c'est bien aussi.

On a aujourd'hui assez de recul pour savoir que le lait maternisé ne présente pas de danger pour l'enfant. Il est certes un peu moins adapté que le lait de la mère, pour des raisons évidentes, mais induire l'idée qu'en n'allaitant pas son enfant et en optant pour cette solution alternative, on lui fait potentiellement du mal, c'est pour moi inacceptable, et c'est ce genre de message qui pousse des femmes à allaiter alors qu'elles n'en ont pas envie, et à choisir ce qui est "bon" pour leur bébé avant de se demander si elles seront heureuses en faisant ce choix, et sans mesurer le réel rapport bénéfice/risque.

Je ne pense pas que les femmes, ou les hommes d'ailleurs, aient besoin de gens qui leur redonnent confiance en leurs capacités (d'ailleurs, vous voyez, dans votre commentaire, vous parlez de capacités quant il s'agit d'allaitement, est-ce à dire que les femmes qui n'allaitent pas le font par manque de volonté ou par faiblesse?).Ils doivent juste avoir la possibilité de faire les choix qui les rendent heureux dans leur relation mère/père-enfant.

De même, il n'y a aucun discours qui redonne leur place aux pères, et on ne s'émeut pas du fait que beaucoup d'hommes et de femmes associent soin du bébé avec perte de virilité, et je suis au regret de vous dire que la LL contribue à ce discours qui remet la femme au centre de la famille, et lui fait porter la responsabilité de la bonne santé de ses enfants.


Bref tout ça pour dire que ce débat me semble à mille lieux de la réalité, et que finalement, c'est chacun sa vie.

PS : si la LL veut arrêter de passer pour une secte, elle devrait changer de stratégie de communication, par ce que votre intervention sent quand même l'embrigadement à plein nez.

jeudi 11 février 2010

A chaud

Je viens de finir d'écouter l'emission "La tête au carré" sur Inter, avec Elisabeth Badinter, avec comme sujet euh... ouais ça traitait vaguement du féminisme, mais surtout de l'allaitement.

Bon en gros, ça me soûle d'entendre des gens qui font de l'idéologie quand il s'agit de mes nichons.

Surtout que le discours en gros, se résume à :

- Elisabeth Badinter : "les femmes qui allaitent ne le font pas toutes pour les bonnes raisons, et une mauvaise raison est de le faire au nom de valeurs obsolètes. Mais bon, ça reste un choix personnel, mais ce serait mieux pour leur bien qu'elles fassent le bon ces connes"
- La Leche League : "les femmes qui n'allaitent pas ne le font certainement pas par choix (sinon ce sont de mauvaises mères qui ne veulent pas le meilleur pour leur enfant), mais par manque d'informations. Si elles étaient informées, 100% des femmes allaiteraient comme dans les pays du nord, et même que le biberon c'est mal. Et vive les purées maison. Mais bon, ça reste un choix personnel, mais ce serait mieux pour leur bien qu'elles fassent le bon ces connes."

Quelque soit ton choix, on va 1/ te cataloguer comme pro ou contre-allaitement 2/ te dire que tu as fait le bon choix ou le mauvais choix. (bravo/pauvre pétasse rayer la mention inutile)

Alors moi je te pose la question : y a-t-il un bon choix?

Dans l'emission d'inter, on parle de la catégorie des trentenaires écolos qui reviennent à la nature en courant nues dans la forêt à leurs heures perdues, un bébé à leur sein et un babycook entre les dents, dans lequel elles cuisineront les légumes cueillis dans la nature, garantis sans pesticides. D'où vient cette manie de catégoriser les gens?

T'as les pétasses qui s'habillent en pilou pour que ça gratte plus fort et qui s'entredéchirent pour savoir si la babycook c'est mieux que la fourchette pour écraser les légumes bios, et les connasses en tailleur, qui font passer leur carrière avant le bien-être de leur enfant et leurs filent des petits pots au cyanure.
Cherche pas, la nuance est peu admise dans ce débat. Une nana qui n'allaite pas mais qui prend le temps d'écraser une patate le soir pour son môme, ça n'existe pas. Une nana qui allaite mais qui n'a pas le temps d'écraser la patate le soir pour son môme, ça n'existe pas non plus.

Puis bon, bonjour le vocabulaire. La femme "tente" d'allaiter, elle "n'y arrive pas", ça ne "marche pas". On parle d'un allaitement "réussi". Comme si c'était la femme qui devait par ses effort correspondre. L'allaitement, c'est facile, il suffit de le vouloir (sous entendu si tu n'allaites pas, c'est que tu manques de volonté, pas "vouloir" au sens où tu l'as choisi).

Alors, pourquoi ne pas prendre l'allaitement comme une simple question qui se pose, et qui appelle une réponse? "Est-ce que l'allaitement me convient?" "Oui, ça me plaît, non ça ne me plaît pas". Point. de la même manière qu'à un moment tu te demandes "slip ou string?". On choisit rarement ses sous-vêtements par idéologie... et pour moi, la décision d'allaiter relève de l'intime, et des personnes extérieures n'ont pas à interférer.

Et puis d'abord, j'admets mal que des gens que je ne connais pas me disent quoi faire de mes nichons, de mon utérus ou de mes poils au nom d'une idéologie.

Merde alors.

lundi 4 janvier 2010

un peu de recul

Presqu'un an. Le merdeux commence à marcher, à appeler les choses par leur nom et quand je repense à ce que j'ai traversé pour en arriver là.... non ne t'enfuis pas, lecteur, je ne vais pas verser une larme sur le temps qui passe, sur les rides qui se creusent (remarque là-dessus j'ai de la marge, vu le gras qui remplit bien, là, sous la peau), le bébé déjà si grand alors qu'hier encore il faisait caca jaune doré. Par contre je vais cracher sur deux praticiens que j'ai rencontrés.


Tout a commencé le jour où j'ai fait constater la grossesse. Mon médecin traitant tout gentil ayant lâchement pris sa retraite, je me suis retrouvée à faire une recherche sur les Pages Jaunes, et à choisir le gynéco le plus proche de chez moi avec une bonne boulangerie à proximité, pour aller chercher le pain après le boulot. Quand j'y repense, c'était quand même des critères à la con, parce que 1/ M. Hamster aurait pu ramener le pain, 2/ finalement, je me suis aperçu que c'était plus pratique d'avoir un médecin près de son boulot, parce que tu n'es en théorie chez toi qu'à partir du 7ème mois de grossesse.
Bref, tout ça pour dire que le gynéco est situé à 523 mètres de chez moi.

Dans la salle de consultation, je dis au mec que je suis enceinte. Direct, on va dans la salle d'échographie (sauf que le médecin se contente d'un "suivez-moi") et avant de dire ouf je me retrouve cul nu avec le truc pour échographier le dedans de moi fiché dans la toutoune. Comme une con, moi, je croyais que c'était déjà l'échographie pour déclarer la grossesse à la sécu, mais non.
Donc à poil sur la table, le mec regarde mes cuisses et me sort "elle n'a pas pensé à faire un régime avant de faire un enfant?". Bon, je ne relève pas, et me concentre sur le truc de la taille d'un haricot sur l'écran.

Ensuite, on repasse dans la salle de consultation et le gynéco revient à la charge "vous n'avez pas songé à consulter avant de faire un enfant?". Bon, là, je suis habillée, je lui rétorque que je ne savais pas qu'il fallait un permis. "Oui, mais je vous aurais conseillé de perdre 10 kilos".
Et moi, je me dis, "ouais bon, c'est pas grave, ça doit être son dada, la nutrition, j'ai bien connu un généraliste qui était à fond sur les oligo-éléments". Puis je ne suis pas du genre à me formaliser quand un médecin est un con, du moment qu'il fait son boulot.
Bilan : 10 minutes écho comprise et 60 euros pour Monsieur.

Je suis retournée le voir pour la constatation officielle de la grossesse, qui se fait vers 12 semaines.
Je monte déjà sur la balance, et me rend compte que j'ai perdu 3 kilos à force de gerber. "Oui mais c'est encore trop". Je vais pas te faire le suivi pas à pas, mais sache que j'ai fini ma grossesse avec 12 kilos de moins qu'au début, pour cause de gerbage intensif pendant 8 mois. Ouais madame, c'est mon super pouvoir.

Donc écho, puis fourrage de doigts. Et pendant ce temps, le gars te parle de ses impôts.
Je lui indique au passage que je ne me ferai suivre par lui que pendant les 6 premiers mois, pour ensuite aller en maternité. "Ouais ouais ok je note"
Bilan : 15 minutes écho comprise et 80 euros pour Monsieur

Quelque temps après, il me parle de la prise de sang pour détecter la trisomie 21 (bon déjà, mauvais point, ce test ne fait qu'une estimation de tes chances d'avoir un enfant trisomique, et il n'est semble-t-il fiable qu'à 50%). Je lui demande si c'est obligatoire, il me répond "c'est pour tout le monde, je le fais faire systématiquement". Avec le recul, je me rends compte que cette phrase ne répond pas à ma question, et qu'en plus à aucun moment il ne me parle de la possibilité de refuser le test. C'est con, pourtant je suis formée à lire les textes juridiques écrits en petit au dos de la feuille, mais je signe quand même sans lire : je suis devant un professionnel, à aucun moment je ne me pose la question de savoir s'il fait correctement son taf.
Et un fourrage de doigts (il m'en fera un tous les mois, et tous les 15 jours au 5ème et 6ème mois)
Bilan : encore 60 euros dans la popoche

Après, vers le 5ème mois, je vais avec M. Hamster pour la 2ème écho. Au moins c'est ce que je crois. En fait, le médecin ne fait pas ce genre d'écho, il m'envoie donc chez une collègue. Mais il me fait quand même la faveur de montrer alien à mon mari. Pendant que ce dernier découvre pour la première fois son fils, le médecin lui demande ce qu'il fait dans la vie, si cela lui plaît... connard va. Du coup, M. Hamster a moyen apprécié la séance cinéma.

Marrant, l'échographe est à deux pâtés de maison, et une écho est cotée chez elle à 140 euros. 140 euros pour te coller sur une table, le père est au bout de la salle devant un écran, et l'autre pute là qui m'écrase le ventre, qui me fait mal en grommelant "je vois rien" et en le disant que j'ai une paroi abdominale épaisse, ce qui en langage gynéco veut dire "t'es trop grosse, du coup je vois rien pauvre connasse".
Donc le truc est plié en 10 minutes, 140 euros dans la gueule et une visite de contrôle à faire 3 semaines plus tard, parce que Madame le docteur n'a rien vu.

Je repars chez le gynéco avec les résultats de l'échographie, et lui annonce au passage que je vais faire la visite de contrôle à la maternité, où je vais me faire suivre dorénavant, et qu'il me faut donc mon dossier médical. Le médecin très pro, me dit "non et non". Tiens, plaît-il? "Non, vous devez faire faire la visite de contrôle par le même praticien, et non, car vous feriez mieux d'accoucher avec moi". (ça marche vraiment ce baratin de camelot???)
Puis recontrôle avec fourrage de doigt, tout en me disant que de toute façon, avec mon placenta trop bas et mes kilos en trop, j'allais sûrement me faire jeter par la maternité parce que sujet à risque. Puis il me prend ma tension, qui est au plafond. "Ah ben oui, comme je m'y attendais, vous êtes en hypertension, c'est le poids ça madame je vous mets sous hypotenseur et on envisage une césarienne".
Bon là je lui dis merde, je lui demande mon dossier encore une fois qu'il me remet sous pli cacheté en maugréant contre "ces femmes qui veulent accoucher sur la tête" (oui parce que ce mec exerce dans une clinique qui pratique à 99% sous péridurale en position allongée, alors que je voulais pouvoir me déplacer si besoin). J'ouvre le pli devant lui et lui rends l'enveloppe, lui jette ses 60 euros à la gueule et me casse. C'est la première fois de ma vie que j'ai vu un praticien essayer de m'escroquer, et en repensant à tous les échanges que j'ai eu avec lui pendant ces six mois, je m'aperçois que tout ce qu'il m'a raconté était alarmiste pour me manipuler.

Ensuite, je suis allée à la maternité, où on m'a rassurée sur tout, sur le fait que le placenta remonte souvent pour laisser la voix libre, que non mes kilos en trop ne m'empêchraient pas d'accoucher, et surtout, l'échographie de contrôle a duré une demi-heure, et l'échographe a tout vu, sans commentaire désobligeant.

Le suivi n'a pas nécessité de fourrage de doigt supplémentaire (j'ia d'ailleurs appris que normalement, on te tripote une fois et c'est marre).

Puis quelque semaines plus tard, j'ai largué la bestiole en 4 heures chrono après les premières contractions.

Résultat, si je remets le couvert, je me ferai suivre à la maternité dès le début.

En faisant le compte, je n'ai jamais rencontré un gynéco libéral sympa. Marrant.