mercredi 2 décembre 2009

Quand le Monde s'y met, ça sent la couille moisie

Je te mets le lien vers un article bien de merde, qui fait le point sur les arrêts maladie des profs. Ca commence bien, absentéisme et arrêts maladie, c'est la même chose, si t'es au fond de ton lit parce qu'un petit merdeux t'a éternué dessus, c'est comme si tu te faisais dorer la pilule à St-Barth, ça fait plaisir.

Ensuite, le chiffre. Ou plutôt LE CHIFFRE QUI DECHIRE SA MERE PAR DEVANT PAR DERRIERE. 2 millions, 2 millions, 2.000.000, 2M...

Putain deux millions, mais ça en fait des zéros!!! Qu'est-ce qu'ils peuvent bien branler ces profs!! Deux millions de journées, c'est 5500 ans d'absence par année!! J'adore ces statistiques qui ne veulent rien dire, mais ça te la coupe quand même hein. En fait quand ton prof te fait cours, il est pas là, c'est une vision. Il est à Saint-Barth. Et quand c'est pas lui, c'est un de ses collègues, ils ont même pris une location à l'année.

"Chaque année, dans le premier degré, 45 % des enseignants ont au moins un arrêt maladie, et 8,3 % en ont plus de trois. Chaque arrêt ayant une durée moyenne de 6,2 jours, ce sont près de 2 millions de jours d'école sans "le maître" ou "la maîtresse"." Donc en gros, la moitié des enseignants chopent un rhume dans l'année, 10% ont en plus une gastro et se pètent la jambe. Et les 50% qui restent ne s'arrêtent pas. Ouais, c'est scandaleux.

Pour revenir au chiffre de deux millions de journées, il faut savoir que les enseignants du premier degré sont 320 000 (chiffre insee), ce qui nous donne une moyenne d'absences pour cause de maladie de 6 jours par an. Une semaine quoi. C'est pas énorme pour une population qui est exposée en permanence aux maladies infantiles, aux rhumes, aux gastros, sans parler des extinctions de voix, des maux de dos à force d'être debout tout le temps, et la fatigue de devoir être en représentation 8 heures par jour. Bon après t'as le chiffre qui tue : congé maternité et formation continue incluse, on passe à deux semaines d'absence par an. Donc les profs, en incluant les dépressifs longues durée, les congés maternités dans une profession très féminisée, et les stages de formation obligatoire, sont absents deux semaines par an. Encore une fois, je trouve ce chiffre bien bas pour une profession dite spécialiste de l'absentéisme pour cause de panaris.

Mais dans l'article, tu sens que l'auteur a envie que son lecteur aille tout de suite dans la primaire de son gosse pour jeter des épluchures et des patates germées sur la prof qui s'est arrêtée une journée quand elle a chopé une chiasse énorme accompagnée de 39 de fièvre. Merde quoi, elle aurait pu faire un effort cette connasse, et elle aurait pu contaminer un peu ses élèves, histoire d'alléger la classe d'un ou deux petits morts de déshydratation.

A aucun moment, on ne remet en cause dans l'article l'absence de personnels remplaçants mobilisables et compétents, alors que l'éducation nationale a préféré mettre au remplacement soit les petits pioupious tous juste sortis de la pouponnière IUFM, ou les profs vieux et/ou dépressifs qui ne sont plus en état d'enseigner, et qui ne sont donc pas ou plus en position de s'adapter, alors qu'un remplaçant devrait à mon sens être un enseignant encore meilleur et encore plus adaptable qu'un titulaire. Ou sinon, on doit appeler Gérard Klein.

On lit quand même dans l'article que le recteur de Créteil en est à recruter parmi les titulaires d'une licence pour renforcer son pool de remplaçants, parce que les enseignants remplaçants, les heures sup des titulaires et les vacataires ne suffisent plus. C'est une mesure "cache misère", mais ce sont les syndicats de parents d'élèves qui le disent, s'ils sont pas contents z'ont qu'à éduquer leurs mômes eux-mêmes au lieu de pomper l'argent public avec leurs graines de délinquants.

Sinon, un petit rappel rapide sur la condition des profs :

- prof, c'est une certification bac +4 pour un salaire de départ à 1600 euros bruts une fois titularisé
- prof, c'est passer sa journée debout devant 30 petits connards à parler fort et à avoir des yeux partout
- prof, c'est bosser au minimum 18h par semaine + environ 6h sup (soit 24 heures en présentiel) + des préparation de cours et des corrections de copies chez soi pour plus de dix heures par semaine.
- prof, c'est un salaire sur 10 mois, qu'on additionne et qu'on redivise par 12. Donc, un prof ne touche pas d'argent pour les 2 mois de congés d'été. Il a 30 jours de congés payés par an, ce qui est moins que les CP + RTT dont bénéficient certains salariés du privé.
- prof, c'est être cadre de la fonction publique, mais ne pas avoir de bureau, et payer soi-même son ordi, ses fournitures (stylos, cahiers) et le papier sur lequel on couche ses cours.

Prof, un métier de privilégié?

Perso, j'ai failli le devenir, mais quand j'ai vu la merde que c'était, et vu que j'ai l'intention un jour de me payer une cabane à Dubaï, ben j'ai lâchement posé mon cul dans un bureau chauffé où le café est gratos.

mardi 1 décembre 2009

Inadaptée, débile mentale

Ou simplement naïve.

Bref, j'ai chopé l'Agrippa. Du coup, souffrant de douleurs lombaires qui m'empêchent de lever mon gros cul de mon canapé, je regarde la télé. Et là, devant le programme télé de la semaine, j'ai pensé un truc que je n'aurais jamais pensé penser (structure merdique qui est un effet indésirable du Tamiflu. Si si.) : Heureusement qu'en temps normal, je bosse, parce qu'entre les Chiffres et les Lettres, les Z'amours et les séries pour vieux, y a de quoi se tirer une balle dans la tête au bout d'une corde.

Toute cette intro brillante pourquoi? Merde me souviens plus.
Ah si, j'ai regardé hier le début de mon émission préférée : Les Maternelles.

Le sujet : "je n'aime pas être enceinte"

Comme d'hab, je me dis "ouah, encore un cliché qui va tomber" et comme d'hab, je me prends dans la gueule une déconvenue qui me conduit à manger des gateaux d'avoine au chocolat de chez Ikea (non ce n'est pas une excuse, et c'est plus sain que le Lexomil).

Donc, je n'aime pas être enceinte (pas moi hein, les nénettes de l'émission).

Et la présentatrice : "on va vous montrer comment faire pour que ça aille mieux"

Donc on égrène les clichés, la femme épanouie, Angélina Jolie enceinte en string à plumes, bref la totale.
Puis on suit dans un reportage une nana qui a dû faire une croix sur sa féminité, mais bon faut dire que la féminité devait pas être super là avant non plus.

Et là, on te présente la solution ultime : aller se faire masser dans un institut de beauté!!! Non mais t'y crois?? je suis mal dans ma peau donc je vais me faire tripoter par l'esthéticienne qui va me huiler le trou du cul avec de l'extrait naturel de couille de chameau, et tout va rouler.

Bon je te la fais grosse parce que je suis énervée, mais entendre que le fait que tu kiffes pas être enceinte est quelque chose auquel tu peux remédier en allant filer du fric à des instituts de beauté, ça me file un peu la gerbe.

Puis on a eu une obstétricienne de la maternité des Bluets qui a fait le rapport entre une grossesse mal vécue et une enfance malheureuse ou une grossesse difficile de sa propre mère. C'est peut-être vrai dans quelques cas, mais peut-on imaginer,que l'on puisse admettre, finalement, que gerber, ne plus rentrer dans ses fringues et avoir mal au dos soient des motifs suffisants pour ne pas trouver que la grossesse n'est pour certaines femmes, pas la meilleure période de sa vie?

Donc bon, tout ça pour dire que du coup, j'ai éteint en plein milieu de l'émission, et que je vais plutôt regarder la complète de Buffy.

Merde quoi.

(bon par contre ça va pas m'aider à suivre les conversations à la pause de midi au bureau cette affaire)