samedi 27 juin 2009

Je suis mère je suis femme (frout frout avec mes cheveux)

Mardi dernier, j'étais de garde chez ma mère pendant qu'elle poursuivait un employeur indélicat aux Prud'hommes. Oui parce que j't'explique. Ma mère est assistante maternelle, donc je l'emploie pour garder le nain. Par contre, quand elle ne peut pas bosser, comme ce jour-là, je me retrouve non seulement avec mon gosse sur les bras, mais en plus elle me refile son autre pensionnaire. Ma mère est l'amour de ma vie.

Bref, j'étais donc chez mes parents à faire l'assistante de l'assistante maternelle, loin de mon ordinateur chéri, et ayant oublié mon mini pc. Les deux gremlins à la sieste, je me suis retrouvée devant l'émission "On n'est pas que des parents" sur France 5.

Le thème était "Je suis devenu femme en devenant mère" ou un truc dans le genre. En gros, avant d'être mère, je ressemblais à Josiane Balasko et je m'habillais en pilou gris, maintenant je me sens bien dans mon corps et je m'habille en pute.

Sérieusement, j'ai été choquée par les trois témoignages de l'émission. Pour résumer, après leur grossesse, elles avaient pris confiance en elles-mêmes. Jusque là, j'ai pas de problème. Puis la présentatrice leur demande ce qui a changé dans leur vie de tous les jours. Et là, le drame total : "je fais plus attention à moi, à mon apparence" "je vais à nouveau chez le coiffeur" "je me maquille" "je me suis acheté une mini-jupe" "mon mari est enfin fier de m'avoir à son bras quand on sort" "je me suis libérée sexuellement". Parce que s'affirmer pour une femme, c'est devenir une femme "pour de vrai", se conformer à ce qu'on attend d'une gonzesse, qu'elle se maquille, qu'elle mette des bas,qu'elle se mette à sucer... et surtout qu'elle ne fasse plus honte à son mari.

Pour être totalement honnête, l'une d'entre elle a repris ses études, mais elle l'a mentionné sans qu'on s'y attarde de trop, parce que c'était quand même moins intéressant que de parler coiffeur et cul. Et le pire, c'est qu'il y a avait une psy qui cautionnait tout ça en hochant de la tête et en faisant de grands yeux pleins de compréhension (ça c'est un truc de psy, ils doivent suivre des stages d'ouvrage d'yeux dans leur plan de formation continue).

Après ces témoignages de merde, on passe au couple dont la femme ne pouvait plus voir ses enfants en peinture après trois ans de congé parental. Ah super, ça démystifie un peu l'image de la mère ravie de se faire gerber sur les chaussures et d'avoir de la Play-Doh dans les tifs. La mère a donc repris le boulot et monté sa boutique de fringues et elle se sent mieux de voir moins ses gosses. Au moment où elle explique qu'elle travaille aussi le samedi, la présentatrice se tourne vers le père et lui demande, avec ses grands nieunieux : "Mais, ce n'est pas trop dur, tout seul avec trois enfants?".

Au temps pour l'émission qui fait sauter les idées reçues.

mercredi 24 juin 2009

La Machine à Graines

Il y quelques temps, j'écoutais l'émission "Service Public" sur France Inter, et un chroniqueur dont le nom m'échappe se plaignait avec raison que lorsqu'une femme change la couche de son gosse, elle "change la couche de son gosse" alors que lorsqu'un homme change la couche de son gosse, il "se débrouille" comme il peut.

Ca m'a rappelé les premières visites à la PMI, que l'on faisait en couple avec M. Hamster. On emmenait notre gamin se faire peser toutes les semaines. C'était lui qui déshabillait le machin, le mettait sur la balance etc. Par contre, la puéricultrice ne s'adressait qu'à moi. "Il mange combien?", "il fait des crottes régulièrement?", et quand c'est lui qui répondait, la puéricultrice se tournait vers moi pour validation.

Et quand M. Hamster se pointe tout seul chez le pédiatre avec la globule, c'est toute la PMI qui retient son souffle en espérant qu'il ne fera pas tomber le gosse.

On peut demander aux mecs de s'impliquer plus dans l'éducation de leurs gosses, et essayer de défaire ainsi des siècles de conditionnement, mais ce n'est pas en les envoyant chier quand ils le font qu'on les persuadera de s'impliquer plus.

mardi 9 juin 2009

La bouate rause

Une grossesse, c'est quand même une expérience hors du commun. Pas tellement parce que tu fais passer un truc de la taille d'une pastèque par ta foufoune, mais parce que tu te rends compte à quel point la parentitude est devenue hyper marketingisée - ça existe pas mais je fais ce que je veux, ce blog tu l'aimes ou tu le quittes.

En me balladant sur les forums de nanas/parents pour vérifier que je n'allais pas mourir demain de la listériose parce que j'avais mangé une tartine de pâté la veille, j'ai retrouvé un thème récurrent : la boîte rose. Ou plutôt La Boîte Rose car il s'agit d'une marque.

Alors, toi, lecteur débile qui n'as pas eu la chance d'enfanter, et qui ne connaîs pas le bonheur immmmense que le gniard rose et geignard procure quand il daigne te sourire entre deux miam miam et un popo, tu vas entrer dans le monde merveilleux de ce coeur de cible qu'est le parent. Et surtout la maman en fait. Parce que bon on va pas filer une boîte de couleur rose au papa, ça fait un peu pédé quand même.

Donc, en lisant les messages de nanas qui demandaient après la boîte rose, qui s'inquiétaient de savoir si leur maternité la distribuait, j'ai décidé de me renseigner, parce que ça m'avait l'air assez génial comme truc.

Je te dis pas la déception.

J'ai eu entre les mains une boîte rose. Déjà, forcément, le rose, à une femme enceinte ou qui vient d'accoucher, ça lui parle. D'ailleurs, tu peux t'inscrire pour recevoir ensuite les boîtes bleue, verte et jaune, mais toujours la version un peu pisseusepastel de ces couleurs, le truc qu'agresse pas trop les yeux, parce que bon, c'est vrai que les couleurs flashy c'est provocant et pas bonheur du tout.

Bref, passons au contenu :

- une bouteille de 20 cl d'eau Mont Roucous. Toi qui pensais naïvement qu'il suffisait de ne pas laisser ton gosse crever de faim pour prétendre au titre de mère à peu près potable, tu te fourres le doigt dans l'oeil jusqu'au coude. Parce qu'avec t'as un petit dépliant qui t'expliques que Mont-Roucous est L'EAU ultime et que si t'en files pas à ton chiard il crèvera d'une variante du cancer du H1N1 sidaïque.

-une boîte en plastique PAMPERS (qui contient UNE couche Pampers pour prématuré) pour y mettre des lingettes PAMPERS que tu auras acheté la peau du cul et qui irriteront le derrière de ton gamin avec toutes les saloperies qu'elles contiennent, tout comme les couches. Ainsi, tu pourras tester

-un échantillon de crème Corine de Farme contre les fesses rougesérythèmes fessiers (soyons précis et hypocondriaques)

-un echantillon de lessive spécial "Linge de bébé", des fois qu'il serait allergique au savon de Marseille

-un flacon pompe d'eau nettoyante Mixa bébé, avec du paraben dedans (ces boîtes ont été éditées avant le scandale au paraben, au BPA et au plastique chinois)

-un rasoir 4 lames pour Monsieur, qui passe au statut de papa, il devient donc respectable et glabre, pas comme M. Hamster qui ressemble à un grizzli, surtout au lever

et là, on rentre dans le délire total

-une voiture Renaultun livret baptisé "Carnet de voiture" Renault dans lequel on invite Monsieur à s'acheter une voiture plus grande, et ou on prévoit des places pour que le gniard qui aura développé des neurones puisse coller une photo des voitures successives de papa, qui se sera endetté avec un crédit relais à 168% pour pouvoir en mettre plein la vue à son fiston et accessoirement à ses potes. Quand tu es parent, la Clio, ça le fait plus.

-deux sachet de Calmosine, la boisson digestive qui au passage fait dormir, c'est la version acceptable de la tétine dans la bouteille de sirop pour la toux.

-un marque page portant le logo d'une banque qui t'offre 30 euros pour l'achat d'une assurance vie au nom du nouveau-né (le truc pas glauque)

-un sachet pour envoyer tes photos au développement


et bien sûr, l'alibi pédagogique :

- un guide nommé "Happy Baby" avec un beau bébé blond aux yeux bleus en couverture, qui résume la grossesse et la croissance du bébé en 150 pages truffées de pubs.

-un autre guide financé par une autre marque, avec d'autres pubs dedans.

En gros, le principe est que tu vas tester les produits contenus dans la boîte, et si le produit convient, tu ne vas pas aller en chercher un autre. Et en plus c'est un professionnel de santé qui te l'a distribuée, donc c'est forcément pas de la merde ce qu'il y a dedans. Hein.

Sur le même modèle, les marques de lait en poudre, de couches, de savons pour bébé se battent entre elles pour être utilisées dans les maternités. Et d'ailleurs, oh coïncidence, la boîte rose est distribuée dans les maternités depuis 1953. Bref, les maternités qui sont censées être avant tout des centres de soins signent de juteux contrats avec des fournisseurs de couches et de lait.

Parent, tu fais partie d'une clientèle captive. Tu n'as pas d'autre choix que d'acheter des couches, du truc pour nettoyer le cul de bébé et des fringues à sa taille, parce que les toges c'est passé de mode.

Reste à canaliser le blé que tu peux cracher, et ce marché là se développe avec la complicité de ton médecin.