mercredi 20 mai 2009

Mon supermarché est formidable

Récemment, le Casino à côté de chez moi a doublé sa surface en ajoutant un étage. C'est super, y a de jolis escalators, les produits frais en bas, l'épicerie et la droguerie en haut, il y a de la place, du coup on a l'impression qu'il n'y a jamais personne.
En parallèle ont été installées des caisses automatiques. J'ai testé pour ne pas mourir conne, une fois où j'avais besoin d'une boîte de tampons et d'une bouteille de coca. Je te préviens direct, si tu pensais que cette invention serait un moyen d'acheter des capotes en toute discrétion, hop hop de la poche à la caisse à la poche, sans voir ton intimité dévoilée aux yeux de tous, misérablement exposée sur le tapis noir par une caissière indifférente, tu te plantes sévère.

Donc, je passe à la caisse, qui ne me dit ni bonjour ni merde.

Première question : "Avez-vous un cabas? Si oui, posez le sur le tapis à votre droite." Bon ben non, j'ai pas de cabas. Pendant ce temps, je vois une dame à la caisse voisine qui elle a un cabas posé sur le tapis à sa droite, mais la machine se met à faire bip bip coin coin parce qu'elle a eu le malheur d'arranger ses articles dans son cabas, et donc de perturber la balance. Puis la dame se fait engueuler par une préposée aux machines car il ne faut absolument pas toucher aux articles une fois dans le sac, tu les arrangeras une fois que tu auras payé connasse. C'est la machine qui te dit quoi faire, et toi tu t'adaptes.

Ben oui, parce qu'en gros, ça fonctionne comme ça :

- tu poses tes articles à gauche de la douchette électronique, pour que la caisse pèse tes articles.

- ensuite, tu les passes un par un sous la douchette. Mes tampons ont eu du mal à passer, et comme du coup mon article n'était pas enregistré assez vite au goût de la machine, cette dernière s'est bloquée. Si, comme dit plus haut, tu fais partie des gens qui achètent des préservatifs au supermarché parce que tu penses échapper au regard goguenard du pharmacien - qui, et là je te livre un scoop, n'en a foncièrement rien à péter, tu es juste paranoïaque -, passe plutôt à une caisse classique, parce que là, j'ai eu droit à la caissière qui a été nommée chef des machines et qui se fera lourder demain, mais qui en attendant te lance un regard navré genre "pauvre gogole, si jeune et déjà à la ramasse sur la technologie" tout en insérant la carte de déblocage dans la fente prévue à cet effet. En plus, elle est restée bloquée sur mes tampons (super ultra absorbants il est vrai, mais pas de quoi en faire un boudin hin hin) avec une petite remarque "ah mais je savais pas qu'on en faisait d'aussi gros". Donc bon, question discrétion, c'était raté, et ma bonne humeur a disparu au profit d'une engueulade. En plus, j'aime pas engueuler les caissières, je comprends qu'on soit pas sympa quand on se fait presser le citron à longueur de journée pour un quart de smic.

- tu ne fourres pas directement tes articles dans ton sac. Tu dois les reposer sur le tapis de droite, pour que la machine repèse le bouzin, et s'assure que tu n'as rien chouré. Et là, évidemment, grosse pétasse à cerveau monocellulaire que je suis, j'ai rangé ma boîte de tampons directement dans mon sac et repris la bouteille de coca qui attendait sagement sur le tapis de droite. La machine a donc disjoncté, retour de Félindra la dresseuse de machine, avec un regard "mais vraiment quelle conne celle-là", et retour à la case départ "ah ben faut tout repasser, on remet tout sur le tapis de gauche, c'est pas compliqué pourtant".

Bon là j'ai repris mon bazar et je suis retournée sur une caisse à l'ancienne. A noter, depuis qu'on a installé les machines, les caisses manuelles ne sont jamais toutes ouvertes en même temps. Même à une heure de pointe, on n'ouvre que deux caisses avec des vrais gens derrière, ce qui entraîne forcément une queue de plusieurs mètres censée pousser les clients à utiliser les caisses automatiques, qui ne portent d'automatique que le nom puisque c'est toi client qui te farcis tout le boulot.

Et ces deux transformations ont permis de justifier une hausse du prix des pâtes.

C'est pas pour rien que j'achète quasiment tout ce que je mange au marché, au moins le commerçant te connaît, il te conseille sur ce que tu achètes, et si tu es un bon client, il t'offre un saucisson ou du rab de légumes.

samedi 16 mai 2009

Les générations

J'ai envie de parler un peu du concept de générations appliquées à l'immigration.

Pour rappel :

1ère génération : tu débarques en France
2ème génération : tes enfants naissent en France et ont la nationalité française.
3ème génération : tes petits enfants naissent en France et ont la nationalité française puisque tes enfants sont français.

J'ai récemment fait l'inventaire en remontant mon arbre généalogique. Accroche-toi à ton slip.

- Je suis née en France, ainsi que deux de mes soeurs, de parents algériens. Nous sommes donc 2ème génération.

- Mon frère et deux de mes soeurs sont nés en Algérie mais sont arrivés en France à 7 ans pour l'un, 6 ans pour l'autre, et 2 mois pour la dernière. Ils sont donc 1ère génération. Cela dit, comme ils étaient tout gosses, ils se sont adaptés très rapidement et ont été élevés comme s'ils étaient nés en France, et la plus jeune n'a même pas eu à faire l'effort d'apprendre une seconde langue. J'ai donc envie de dire qu'ils sont 2ème génération.

Alors là ça se complique.

- Ma mère est née en Algérie et a débarqué en France à 28 ans. Elle est donc 1ère génération. Cependant, son père était haut fonctionnaire dans l'administration française. Il était donc français jusqu'à l'indépendance, et ma mère est née française - de seconde zone certes mais française quand même. Mais bon, accordons le point à la 1ère génération, mon grand-père maternel n'a jamais vécu en métropole.

- Mon père est né en Algérie et a fait des allers retours pendant plusieurs années entre la France et l'Algérie, avant de s'y installer définitivement à 29 ans. Cependant, il est allé à l'école à Paris. En effet, mon grand-père travaillait déjà en France, et il avait pris deux de ses fils sous le bras. On peut donc se demander si mon père n'est pas 2ème génération.

Ce qui ferait de moi une 3ème génération par mon père, mais une 2ème génération par ma mère.

Nous nous trouvons donc devant une notion qui ne veut rien dire, si ce n'est que peu importe l'époque où ta famille est arrivée en France, on ne te dira jamais que tu es français tout court.

On te mettra dans une case, celle du Français pas tout à fait fini.

Après tout, on ne se défait pas si facilement de sa bougnoulitude.