mercredi 2 décembre 2009

Quand le Monde s'y met, ça sent la couille moisie

Je te mets le lien vers un article bien de merde, qui fait le point sur les arrêts maladie des profs. Ca commence bien, absentéisme et arrêts maladie, c'est la même chose, si t'es au fond de ton lit parce qu'un petit merdeux t'a éternué dessus, c'est comme si tu te faisais dorer la pilule à St-Barth, ça fait plaisir.

Ensuite, le chiffre. Ou plutôt LE CHIFFRE QUI DECHIRE SA MERE PAR DEVANT PAR DERRIERE. 2 millions, 2 millions, 2.000.000, 2M...

Putain deux millions, mais ça en fait des zéros!!! Qu'est-ce qu'ils peuvent bien branler ces profs!! Deux millions de journées, c'est 5500 ans d'absence par année!! J'adore ces statistiques qui ne veulent rien dire, mais ça te la coupe quand même hein. En fait quand ton prof te fait cours, il est pas là, c'est une vision. Il est à Saint-Barth. Et quand c'est pas lui, c'est un de ses collègues, ils ont même pris une location à l'année.

"Chaque année, dans le premier degré, 45 % des enseignants ont au moins un arrêt maladie, et 8,3 % en ont plus de trois. Chaque arrêt ayant une durée moyenne de 6,2 jours, ce sont près de 2 millions de jours d'école sans "le maître" ou "la maîtresse"." Donc en gros, la moitié des enseignants chopent un rhume dans l'année, 10% ont en plus une gastro et se pètent la jambe. Et les 50% qui restent ne s'arrêtent pas. Ouais, c'est scandaleux.

Pour revenir au chiffre de deux millions de journées, il faut savoir que les enseignants du premier degré sont 320 000 (chiffre insee), ce qui nous donne une moyenne d'absences pour cause de maladie de 6 jours par an. Une semaine quoi. C'est pas énorme pour une population qui est exposée en permanence aux maladies infantiles, aux rhumes, aux gastros, sans parler des extinctions de voix, des maux de dos à force d'être debout tout le temps, et la fatigue de devoir être en représentation 8 heures par jour. Bon après t'as le chiffre qui tue : congé maternité et formation continue incluse, on passe à deux semaines d'absence par an. Donc les profs, en incluant les dépressifs longues durée, les congés maternités dans une profession très féminisée, et les stages de formation obligatoire, sont absents deux semaines par an. Encore une fois, je trouve ce chiffre bien bas pour une profession dite spécialiste de l'absentéisme pour cause de panaris.

Mais dans l'article, tu sens que l'auteur a envie que son lecteur aille tout de suite dans la primaire de son gosse pour jeter des épluchures et des patates germées sur la prof qui s'est arrêtée une journée quand elle a chopé une chiasse énorme accompagnée de 39 de fièvre. Merde quoi, elle aurait pu faire un effort cette connasse, et elle aurait pu contaminer un peu ses élèves, histoire d'alléger la classe d'un ou deux petits morts de déshydratation.

A aucun moment, on ne remet en cause dans l'article l'absence de personnels remplaçants mobilisables et compétents, alors que l'éducation nationale a préféré mettre au remplacement soit les petits pioupious tous juste sortis de la pouponnière IUFM, ou les profs vieux et/ou dépressifs qui ne sont plus en état d'enseigner, et qui ne sont donc pas ou plus en position de s'adapter, alors qu'un remplaçant devrait à mon sens être un enseignant encore meilleur et encore plus adaptable qu'un titulaire. Ou sinon, on doit appeler Gérard Klein.

On lit quand même dans l'article que le recteur de Créteil en est à recruter parmi les titulaires d'une licence pour renforcer son pool de remplaçants, parce que les enseignants remplaçants, les heures sup des titulaires et les vacataires ne suffisent plus. C'est une mesure "cache misère", mais ce sont les syndicats de parents d'élèves qui le disent, s'ils sont pas contents z'ont qu'à éduquer leurs mômes eux-mêmes au lieu de pomper l'argent public avec leurs graines de délinquants.

Sinon, un petit rappel rapide sur la condition des profs :

- prof, c'est une certification bac +4 pour un salaire de départ à 1600 euros bruts une fois titularisé
- prof, c'est passer sa journée debout devant 30 petits connards à parler fort et à avoir des yeux partout
- prof, c'est bosser au minimum 18h par semaine + environ 6h sup (soit 24 heures en présentiel) + des préparation de cours et des corrections de copies chez soi pour plus de dix heures par semaine.
- prof, c'est un salaire sur 10 mois, qu'on additionne et qu'on redivise par 12. Donc, un prof ne touche pas d'argent pour les 2 mois de congés d'été. Il a 30 jours de congés payés par an, ce qui est moins que les CP + RTT dont bénéficient certains salariés du privé.
- prof, c'est être cadre de la fonction publique, mais ne pas avoir de bureau, et payer soi-même son ordi, ses fournitures (stylos, cahiers) et le papier sur lequel on couche ses cours.

Prof, un métier de privilégié?

Perso, j'ai failli le devenir, mais quand j'ai vu la merde que c'était, et vu que j'ai l'intention un jour de me payer une cabane à Dubaï, ben j'ai lâchement posé mon cul dans un bureau chauffé où le café est gratos.

mardi 1 décembre 2009

Inadaptée, débile mentale

Ou simplement naïve.

Bref, j'ai chopé l'Agrippa. Du coup, souffrant de douleurs lombaires qui m'empêchent de lever mon gros cul de mon canapé, je regarde la télé. Et là, devant le programme télé de la semaine, j'ai pensé un truc que je n'aurais jamais pensé penser (structure merdique qui est un effet indésirable du Tamiflu. Si si.) : Heureusement qu'en temps normal, je bosse, parce qu'entre les Chiffres et les Lettres, les Z'amours et les séries pour vieux, y a de quoi se tirer une balle dans la tête au bout d'une corde.

Toute cette intro brillante pourquoi? Merde me souviens plus.
Ah si, j'ai regardé hier le début de mon émission préférée : Les Maternelles.

Le sujet : "je n'aime pas être enceinte"

Comme d'hab, je me dis "ouah, encore un cliché qui va tomber" et comme d'hab, je me prends dans la gueule une déconvenue qui me conduit à manger des gateaux d'avoine au chocolat de chez Ikea (non ce n'est pas une excuse, et c'est plus sain que le Lexomil).

Donc, je n'aime pas être enceinte (pas moi hein, les nénettes de l'émission).

Et la présentatrice : "on va vous montrer comment faire pour que ça aille mieux"

Donc on égrène les clichés, la femme épanouie, Angélina Jolie enceinte en string à plumes, bref la totale.
Puis on suit dans un reportage une nana qui a dû faire une croix sur sa féminité, mais bon faut dire que la féminité devait pas être super là avant non plus.

Et là, on te présente la solution ultime : aller se faire masser dans un institut de beauté!!! Non mais t'y crois?? je suis mal dans ma peau donc je vais me faire tripoter par l'esthéticienne qui va me huiler le trou du cul avec de l'extrait naturel de couille de chameau, et tout va rouler.

Bon je te la fais grosse parce que je suis énervée, mais entendre que le fait que tu kiffes pas être enceinte est quelque chose auquel tu peux remédier en allant filer du fric à des instituts de beauté, ça me file un peu la gerbe.

Puis on a eu une obstétricienne de la maternité des Bluets qui a fait le rapport entre une grossesse mal vécue et une enfance malheureuse ou une grossesse difficile de sa propre mère. C'est peut-être vrai dans quelques cas, mais peut-on imaginer,que l'on puisse admettre, finalement, que gerber, ne plus rentrer dans ses fringues et avoir mal au dos soient des motifs suffisants pour ne pas trouver que la grossesse n'est pour certaines femmes, pas la meilleure période de sa vie?

Donc bon, tout ça pour dire que du coup, j'ai éteint en plein milieu de l'émission, et que je vais plutôt regarder la complète de Buffy.

Merde quoi.

(bon par contre ça va pas m'aider à suivre les conversations à la pause de midi au bureau cette affaire)

mercredi 25 novembre 2009

Je regarde trop la télé

Ou pas assez.
Je ne suis pas encore prête à me marrer devant les émissions genre "Belle toute nue", "Super Nanny" ou "Nouveau look pour une nouvelle vie", peut-être ne suis-je pas assez blindée pour y voir autre chose que de la violence et du cynisme, que les gesticulations de la pétasse ou de la grande folle qui "accompagne" la nana désespérée ne parviennent pas à masquer.

D'un autre côté, en regardant hier l'émission de Taddéï, je me suis demandé pourquoi j'avais allumé la TV au lieu de me contenter de mes séries et de mes films téléchargés sur support numérique.
Le tout premier sujet, c'était les violences faites aux femmes, avec la sortie d'un docu "La domination masculine". Bon déjà ça pue, on a pas commencé le débat que le terme "féministe" est lancé, c'est super, et y a Zemmour "Pine d'huître" sur un des bancs, en face de Bruno Gaccio. Bref va y avoir du niveau et le débat va partir en sguegue total dès la première minute. D'ailleurs, je ne comprends pas pourquoi on a besoin d'être féministe pour s'indigner du fait que les femmes battues existent, mais ce n'est pas l'objet de ce billet.

Les invités de l'émission étaient :

- Eric Zemmour, donc, qui figure d'ailleurs dans le documentaire, à travers un enregistrement d'une télé qu'il a faite en suisse où il explique que l'homme est un animal et que c'est bien de le laisser à ses instincts primaires (je te la fais courte hein). Donc on a un gars connu pour ses idées nauséabondes qui va venir contester le fait qu'il soit dans le docu, et au passage distiller un peu de bile, ça fait pas de mal. Avant de partir dans son trip sur la domination masculine naturelle (d'ailleurs quand je vois Eric Zemmour, je me dis que pour qu'il puisse physiquement dominer sa femme, elle doit soit être maso donc consentante, soit souffrir d'une maladie invalidante ou de nanisme), il a d'abord exprimé son mécontentement de se voir apparaître dans le docu genre "ce que j'ai dit était tiré de son contexte" alors que le journaliste suisse a posé une question à laquelle Zemmour a répondu. Point. Va chercher le contexte.

- Bruno Gaccio qui avait maigri et qui voulait qu'on rejoue le match.

- Une blonde, genre Polony, Solony, bref une journaliste qui a dit tout et son contraire en 3 minutes de parole distillées à travers la séquence.

- une autre blonde mais vieille, universitaire, qui ressemblait à Valérie Mairesse

- Un écrivain vieux qui ressemblait à Bedos

- Et un normalien qui s'est greffé des pelles à tarte sur la tête et qui endossa ce soir-là le rôle du mec qu'on écoute pas parce qu'il porte un marcel rouge avec écrit "Crevez tous" dessus, et qu'il a l'air trop pas sérieux au milieu de ces cinquantenaires en costard / pantalon en velours de vieil instit célibataire pour Zemmour.

Tout ce beau monde n'a pas parlé une fois du sujet. au passage, je ne saurais pas moi-même te donner le sujet, vu qu'en bas de l'écran y avait écrit "les violences faites aux femmes", qu'un écran montrait l'affiche du docu et que les invités ont parlé de féminisme, de stalinisme et de nazisme (point Godwin d'ailleurs atteint avec brio par Zemour en 1 seconde). Ils se sont embarqués dans un gloubiboulga qui serait trop long à t'expliquer, mais en gros, j'ai retenu les idées suivantes.

- pour Guy Bedos, les hommes et les femmes c'est pas pareil
- Bruno Gaccio aime se faire dominer dans les jeux sexuels, mais sinon c'est lui qui montre ses burnes au quotidien dans son couple, c'est un vrai mec merde. (intervention assez surréaliste d'ailleurs)
- Le mec qu'on écoute pas a parlé de réactionnaires et de mai 68, il avait juste envie de taper sur Zemmour
- La journaliste trouve qu'on victimise trop les femmes et que c'est pour ça qu'elles ne peuvent pas sortir de leur rôle de victimes. En gros tu te fais battre, tu as un salaire inférieur à celui de ton voisin de bureau, te plains pas parce que quelque part en Afghanistan y a une nana qui se fait lapider. Elle ne se définit pas en tant que femme mais en tant qu'humain, puis deux minutes après elle acquiesce quand Bedos dit que les hommes et les femmes, c'est fondamentalement différent.
-L'universitaire a sorti des trucs qu'on a entendu cent fois mais qui restent super importants, mais j'étais quand même gênée qu'elle sorte tout ça avec son sourire de promo, parce qu'elle venait quand même vendre un bouquin.

Puis je garde mon pote Zemmour pour la fin, qui a débuté l'échange en faisant un parallélisme entre le chômage et la violence conjugale, puis qui a conclu par un rapprochement entre la proportion de mecs incarcérés pour délit et crimes sexuels, et la répression de la virilité de l'homme dans notre société.

Et le pire, c'est que personne ne lui est rentré dans la gueule, on est passé à l'actualité foot.

Bon finalement, ce compte-rendu d'émission est surtout un billet anti-Zemmour, ça m'a tellement soufflée que je ne peux pas te fournir une bafouille de meilleure qualité.

dimanche 4 octobre 2009

Closer to mon cul

Il y a quelques jours, je suis allée chez le coiffeur. N'y ayant pas mis les pieds depuis plus de deux ans, je me suis fait la totale : nouvelle coupe, et même des mèches de couleurs. Bon, j'avais oublié que pour une coloration, il y avait un temps d'attente, donc quand la coiffeuse a eu fini de me peindre les tifs, et qu'elle m'a annoncé "45 minutes d'attente", j'ai regardé d'un oeil inquiet et avouons-le désespéré la pile de magazines, composée d'une majorité de "Ici Dimanche" et de deux ou trois "Closer".

Après cette expérience, je peux vous dire que la lecture d'un numéro de Closer prend de couverture à couverture, en lisant chaque article du début à la fin, 40 minutes environ.
Angie était sortie du Loft deux semaines auparavant, Patrick Swayze refusait d'aller à l'hosto (il aurait peut-être dû finalement), et Sim venait de casser sa pipe. Souvenirs souvenirs...

On ne va pas s'attarder sur le contenu, c'est la chatte à Angie et le cul à Orlando Bloom. Cependant, j'ai un souci avec la charte graphique du bordel. J'ai compris que les photos de mauvaise qualité et la rédaction façon CM1 était une manière de rendre une publi rentable en ne la vendant qu'un euro, tu récupères les clichés mauvais qui ne se vendent pas et les journalistes recalés de Paris Boum Boum et hop, tu lances un magazines. Ce qui me dérange un peu plus, c'est la mise en page moche (quoiqu'un graphiste pourri qui prend pas cher, ça doit exister) , et surtout la couleur dominante à savoir le rose. Et encore, un rose tout particulier, à savoir le rose fuschia fluo qui te fait pleurer ta race.

A priori, la presse people est une presse plutôt féminine, enfin si j'en crois le contenu. En effet, à côté des articles sur la circonférence du trou de balle à Brad Pitt, tu trouves des articles "Top Beauté" et "Top Bien-Etre", ou Cartier et Dior c'est pas cher du tout, et que ça te valorises trop dans ton moi intérieur. Après tu as la critique des poufiasses sur tapis rouge, à savoir qu'on regarde des photos de la gonzesse à Georges Clooney en robe du soir et on dit "han elle a grossi" ou "han c'est trop moche les escarpins Duschmoll avec la robe Tartampion".

Bon donc c'est futile, c'est léger, c'est femme quoi. Et donc c'est rose, et c'est rose goût de chiotte.

mercredi 5 août 2009

Les bienfaits de la privatisation

En plein déménagement, j'appelle EDF/GDF pour signaler que je bouge. Nous sommes le 4 août.

Bon déjà, grossière erreur, tu n'appelles plus EDF/GDF. Tu appelles d'abord EDF, qui s'occupe de ton électricité, puis GDF, qui s'occupe de ton gaz, enfin de celui de ta cuisine. Le tien de gaz, tu le gères tout seul. Bref, j'apprends que GDF est maintenant concurrent d'EDF. OK, je savais pas que le gaz était un concurrent de l'électricité. Ah on me dit dans le téléphone que GDF peut aussi te vendre de l'électricité et que tu peux laisser tomber EDF. Ca devient compliqué toutes ces conneries.

Vient ensuite le moment où GDF va passer chez toi relever le compteur pour fermer ton contrat. Je peux pas vous donner le compteur que je lis? Non, on ne vous fait pas confiance, et c'est pas grave si le chiffre sera corroboré par le nouveau locataire, ça se trouve c'est un connard de menteur lui aussi.

Alors allons-y pour le rendez-vous. La grognasse au téléphone m'annonce que le techos passera le 13 août, entre douze et seize heures. Déjà le truc précis. En plus le 13, j'aurais déjà rendu mes clés. Tu peux pas plus tôt? Ah non non, nous avons des plannings, le plus tôt qu'on peut c'est le 13. Oui, mais j'ai pas les clés le 13, et je ne sais pas si l'appart sera repris avant cette date.
Mais quelqu'un doit être là. Oui mais j'ai pas les clés, je les rends le 13. Il faut vous arranger avec votre propriétaire. Mais j'en ai rien à foutre, à partir du 10, l'appart, c'est plus le mien. (15 minutes de ce dialogue passionnant plus tard) Mais si vous ne résiliez pas le contrat, tout ce qui consommé est votre responsabilité. Oui, c'est pour ça que je vous demande un déplacement le 10 au plus tard. Oui mais fallait vous y prendre plus tôt, on a un délai de 3 jours ouvrables entre l'appel et l'intervention. 4 août->13 août, ça fait un peu plus que 3 jours. (là, elle s'énerve un peu). Mais ça veut dire quoi ça? Ben que 3 jours ouvrables, ça vous fait intervenir le 10. Et j'ai signé le bail aujourd'hui, je pouvais pas vous appeler plus tôt. (là elle s'énerve encore un peu, et me demande)Vous proposez quoi alors?

Vous proposez quoi alors. Bienvenue dans le privé.

Je me souviens d'une époque pas si lointaine (il y trois ans, lors de mon dernier déménagement), tu appelais EDF/GDF, une personne charmante te répondait, tu lui donnais tes relevés de compteur, et c'était marre.

Là, j'ai passé 15 minutes au téléphone juste pour changer mon adresse, engueulade en prime.

Et c'était un jour après ma demande de déménagement de ma ligne Free, quand j'ai appris que je n'aurais certainement pas internet chez moi avant la fin du mois.

mardi 4 août 2009

Ca déménage (ouf)

Aujourd'hui, je déménage dans un appartement situé juste en dessous du mien, mais plus grand. Tout s'est passé comme dans du velours, on a vu qu'un appart se libérait, on a demandé au propriétaire si on pouvait le prendre, il a accepté et voilà. Plié en 1 semaine.

Nous avions prévu de nous mettre en recherche d'appartement dans l'année, pour trouver un 4 pièces pour pouvoir nous loger avec notre gosse et l'éventuel à venir. La perspective de se taper les agences suspicieuses qui te demandent des garants alors que tu es adulte et que tu gagnes 27 fois le loyer mensuel (alors imagine quand t'es juste-juste) nous poussait à trouver notre appartement actuel hyper-spacieux-finalement.

La première fois qu'on a cherché un appartement avec M. Hamster, c'était normal, il commençait à taffer et j'étais étudiante, la caution parentale se justifiait à peu près (même si je ne vois pas l'intérêt d'avoir un garant quand tu touches trois fois le loyer mensuel, je croyais que c'était déjà une garantie...).

Mais aujourd'hui, on te demande de multiplier les garanties, soit 11000 fois le loyer mensuel, et ton garant doit s'appeler Johnny Hallyday. Et tout ça sous l'oeil condescendant de l'agent immobilier qui te prend pour un pauvre parce t'es pas proprio (On peut être locataire par choix. Si si.)

Bref. Bien contente d'avoir trouvé mon appart moi.


samedi 27 juin 2009

Je suis mère je suis femme (frout frout avec mes cheveux)

Mardi dernier, j'étais de garde chez ma mère pendant qu'elle poursuivait un employeur indélicat aux Prud'hommes. Oui parce que j't'explique. Ma mère est assistante maternelle, donc je l'emploie pour garder le nain. Par contre, quand elle ne peut pas bosser, comme ce jour-là, je me retrouve non seulement avec mon gosse sur les bras, mais en plus elle me refile son autre pensionnaire. Ma mère est l'amour de ma vie.

Bref, j'étais donc chez mes parents à faire l'assistante de l'assistante maternelle, loin de mon ordinateur chéri, et ayant oublié mon mini pc. Les deux gremlins à la sieste, je me suis retrouvée devant l'émission "On n'est pas que des parents" sur France 5.

Le thème était "Je suis devenu femme en devenant mère" ou un truc dans le genre. En gros, avant d'être mère, je ressemblais à Josiane Balasko et je m'habillais en pilou gris, maintenant je me sens bien dans mon corps et je m'habille en pute.

Sérieusement, j'ai été choquée par les trois témoignages de l'émission. Pour résumer, après leur grossesse, elles avaient pris confiance en elles-mêmes. Jusque là, j'ai pas de problème. Puis la présentatrice leur demande ce qui a changé dans leur vie de tous les jours. Et là, le drame total : "je fais plus attention à moi, à mon apparence" "je vais à nouveau chez le coiffeur" "je me maquille" "je me suis acheté une mini-jupe" "mon mari est enfin fier de m'avoir à son bras quand on sort" "je me suis libérée sexuellement". Parce que s'affirmer pour une femme, c'est devenir une femme "pour de vrai", se conformer à ce qu'on attend d'une gonzesse, qu'elle se maquille, qu'elle mette des bas,qu'elle se mette à sucer... et surtout qu'elle ne fasse plus honte à son mari.

Pour être totalement honnête, l'une d'entre elle a repris ses études, mais elle l'a mentionné sans qu'on s'y attarde de trop, parce que c'était quand même moins intéressant que de parler coiffeur et cul. Et le pire, c'est qu'il y a avait une psy qui cautionnait tout ça en hochant de la tête et en faisant de grands yeux pleins de compréhension (ça c'est un truc de psy, ils doivent suivre des stages d'ouvrage d'yeux dans leur plan de formation continue).

Après ces témoignages de merde, on passe au couple dont la femme ne pouvait plus voir ses enfants en peinture après trois ans de congé parental. Ah super, ça démystifie un peu l'image de la mère ravie de se faire gerber sur les chaussures et d'avoir de la Play-Doh dans les tifs. La mère a donc repris le boulot et monté sa boutique de fringues et elle se sent mieux de voir moins ses gosses. Au moment où elle explique qu'elle travaille aussi le samedi, la présentatrice se tourne vers le père et lui demande, avec ses grands nieunieux : "Mais, ce n'est pas trop dur, tout seul avec trois enfants?".

Au temps pour l'émission qui fait sauter les idées reçues.

mercredi 24 juin 2009

La Machine à Graines

Il y quelques temps, j'écoutais l'émission "Service Public" sur France Inter, et un chroniqueur dont le nom m'échappe se plaignait avec raison que lorsqu'une femme change la couche de son gosse, elle "change la couche de son gosse" alors que lorsqu'un homme change la couche de son gosse, il "se débrouille" comme il peut.

Ca m'a rappelé les premières visites à la PMI, que l'on faisait en couple avec M. Hamster. On emmenait notre gamin se faire peser toutes les semaines. C'était lui qui déshabillait le machin, le mettait sur la balance etc. Par contre, la puéricultrice ne s'adressait qu'à moi. "Il mange combien?", "il fait des crottes régulièrement?", et quand c'est lui qui répondait, la puéricultrice se tournait vers moi pour validation.

Et quand M. Hamster se pointe tout seul chez le pédiatre avec la globule, c'est toute la PMI qui retient son souffle en espérant qu'il ne fera pas tomber le gosse.

On peut demander aux mecs de s'impliquer plus dans l'éducation de leurs gosses, et essayer de défaire ainsi des siècles de conditionnement, mais ce n'est pas en les envoyant chier quand ils le font qu'on les persuadera de s'impliquer plus.

mardi 9 juin 2009

La bouate rause

Une grossesse, c'est quand même une expérience hors du commun. Pas tellement parce que tu fais passer un truc de la taille d'une pastèque par ta foufoune, mais parce que tu te rends compte à quel point la parentitude est devenue hyper marketingisée - ça existe pas mais je fais ce que je veux, ce blog tu l'aimes ou tu le quittes.

En me balladant sur les forums de nanas/parents pour vérifier que je n'allais pas mourir demain de la listériose parce que j'avais mangé une tartine de pâté la veille, j'ai retrouvé un thème récurrent : la boîte rose. Ou plutôt La Boîte Rose car il s'agit d'une marque.

Alors, toi, lecteur débile qui n'as pas eu la chance d'enfanter, et qui ne connaîs pas le bonheur immmmense que le gniard rose et geignard procure quand il daigne te sourire entre deux miam miam et un popo, tu vas entrer dans le monde merveilleux de ce coeur de cible qu'est le parent. Et surtout la maman en fait. Parce que bon on va pas filer une boîte de couleur rose au papa, ça fait un peu pédé quand même.

Donc, en lisant les messages de nanas qui demandaient après la boîte rose, qui s'inquiétaient de savoir si leur maternité la distribuait, j'ai décidé de me renseigner, parce que ça m'avait l'air assez génial comme truc.

Je te dis pas la déception.

J'ai eu entre les mains une boîte rose. Déjà, forcément, le rose, à une femme enceinte ou qui vient d'accoucher, ça lui parle. D'ailleurs, tu peux t'inscrire pour recevoir ensuite les boîtes bleue, verte et jaune, mais toujours la version un peu pisseusepastel de ces couleurs, le truc qu'agresse pas trop les yeux, parce que bon, c'est vrai que les couleurs flashy c'est provocant et pas bonheur du tout.

Bref, passons au contenu :

- une bouteille de 20 cl d'eau Mont Roucous. Toi qui pensais naïvement qu'il suffisait de ne pas laisser ton gosse crever de faim pour prétendre au titre de mère à peu près potable, tu te fourres le doigt dans l'oeil jusqu'au coude. Parce qu'avec t'as un petit dépliant qui t'expliques que Mont-Roucous est L'EAU ultime et que si t'en files pas à ton chiard il crèvera d'une variante du cancer du H1N1 sidaïque.

-une boîte en plastique PAMPERS (qui contient UNE couche Pampers pour prématuré) pour y mettre des lingettes PAMPERS que tu auras acheté la peau du cul et qui irriteront le derrière de ton gamin avec toutes les saloperies qu'elles contiennent, tout comme les couches. Ainsi, tu pourras tester

-un échantillon de crème Corine de Farme contre les fesses rougesérythèmes fessiers (soyons précis et hypocondriaques)

-un echantillon de lessive spécial "Linge de bébé", des fois qu'il serait allergique au savon de Marseille

-un flacon pompe d'eau nettoyante Mixa bébé, avec du paraben dedans (ces boîtes ont été éditées avant le scandale au paraben, au BPA et au plastique chinois)

-un rasoir 4 lames pour Monsieur, qui passe au statut de papa, il devient donc respectable et glabre, pas comme M. Hamster qui ressemble à un grizzli, surtout au lever

et là, on rentre dans le délire total

-une voiture Renaultun livret baptisé "Carnet de voiture" Renault dans lequel on invite Monsieur à s'acheter une voiture plus grande, et ou on prévoit des places pour que le gniard qui aura développé des neurones puisse coller une photo des voitures successives de papa, qui se sera endetté avec un crédit relais à 168% pour pouvoir en mettre plein la vue à son fiston et accessoirement à ses potes. Quand tu es parent, la Clio, ça le fait plus.

-deux sachet de Calmosine, la boisson digestive qui au passage fait dormir, c'est la version acceptable de la tétine dans la bouteille de sirop pour la toux.

-un marque page portant le logo d'une banque qui t'offre 30 euros pour l'achat d'une assurance vie au nom du nouveau-né (le truc pas glauque)

-un sachet pour envoyer tes photos au développement


et bien sûr, l'alibi pédagogique :

- un guide nommé "Happy Baby" avec un beau bébé blond aux yeux bleus en couverture, qui résume la grossesse et la croissance du bébé en 150 pages truffées de pubs.

-un autre guide financé par une autre marque, avec d'autres pubs dedans.

En gros, le principe est que tu vas tester les produits contenus dans la boîte, et si le produit convient, tu ne vas pas aller en chercher un autre. Et en plus c'est un professionnel de santé qui te l'a distribuée, donc c'est forcément pas de la merde ce qu'il y a dedans. Hein.

Sur le même modèle, les marques de lait en poudre, de couches, de savons pour bébé se battent entre elles pour être utilisées dans les maternités. Et d'ailleurs, oh coïncidence, la boîte rose est distribuée dans les maternités depuis 1953. Bref, les maternités qui sont censées être avant tout des centres de soins signent de juteux contrats avec des fournisseurs de couches et de lait.

Parent, tu fais partie d'une clientèle captive. Tu n'as pas d'autre choix que d'acheter des couches, du truc pour nettoyer le cul de bébé et des fringues à sa taille, parce que les toges c'est passé de mode.

Reste à canaliser le blé que tu peux cracher, et ce marché là se développe avec la complicité de ton médecin.

mercredi 20 mai 2009

Mon supermarché est formidable

Récemment, le Casino à côté de chez moi a doublé sa surface en ajoutant un étage. C'est super, y a de jolis escalators, les produits frais en bas, l'épicerie et la droguerie en haut, il y a de la place, du coup on a l'impression qu'il n'y a jamais personne.
En parallèle ont été installées des caisses automatiques. J'ai testé pour ne pas mourir conne, une fois où j'avais besoin d'une boîte de tampons et d'une bouteille de coca. Je te préviens direct, si tu pensais que cette invention serait un moyen d'acheter des capotes en toute discrétion, hop hop de la poche à la caisse à la poche, sans voir ton intimité dévoilée aux yeux de tous, misérablement exposée sur le tapis noir par une caissière indifférente, tu te plantes sévère.

Donc, je passe à la caisse, qui ne me dit ni bonjour ni merde.

Première question : "Avez-vous un cabas? Si oui, posez le sur le tapis à votre droite." Bon ben non, j'ai pas de cabas. Pendant ce temps, je vois une dame à la caisse voisine qui elle a un cabas posé sur le tapis à sa droite, mais la machine se met à faire bip bip coin coin parce qu'elle a eu le malheur d'arranger ses articles dans son cabas, et donc de perturber la balance. Puis la dame se fait engueuler par une préposée aux machines car il ne faut absolument pas toucher aux articles une fois dans le sac, tu les arrangeras une fois que tu auras payé connasse. C'est la machine qui te dit quoi faire, et toi tu t'adaptes.

Ben oui, parce qu'en gros, ça fonctionne comme ça :

- tu poses tes articles à gauche de la douchette électronique, pour que la caisse pèse tes articles.

- ensuite, tu les passes un par un sous la douchette. Mes tampons ont eu du mal à passer, et comme du coup mon article n'était pas enregistré assez vite au goût de la machine, cette dernière s'est bloquée. Si, comme dit plus haut, tu fais partie des gens qui achètent des préservatifs au supermarché parce que tu penses échapper au regard goguenard du pharmacien - qui, et là je te livre un scoop, n'en a foncièrement rien à péter, tu es juste paranoïaque -, passe plutôt à une caisse classique, parce que là, j'ai eu droit à la caissière qui a été nommée chef des machines et qui se fera lourder demain, mais qui en attendant te lance un regard navré genre "pauvre gogole, si jeune et déjà à la ramasse sur la technologie" tout en insérant la carte de déblocage dans la fente prévue à cet effet. En plus, elle est restée bloquée sur mes tampons (super ultra absorbants il est vrai, mais pas de quoi en faire un boudin hin hin) avec une petite remarque "ah mais je savais pas qu'on en faisait d'aussi gros". Donc bon, question discrétion, c'était raté, et ma bonne humeur a disparu au profit d'une engueulade. En plus, j'aime pas engueuler les caissières, je comprends qu'on soit pas sympa quand on se fait presser le citron à longueur de journée pour un quart de smic.

- tu ne fourres pas directement tes articles dans ton sac. Tu dois les reposer sur le tapis de droite, pour que la machine repèse le bouzin, et s'assure que tu n'as rien chouré. Et là, évidemment, grosse pétasse à cerveau monocellulaire que je suis, j'ai rangé ma boîte de tampons directement dans mon sac et repris la bouteille de coca qui attendait sagement sur le tapis de droite. La machine a donc disjoncté, retour de Félindra la dresseuse de machine, avec un regard "mais vraiment quelle conne celle-là", et retour à la case départ "ah ben faut tout repasser, on remet tout sur le tapis de gauche, c'est pas compliqué pourtant".

Bon là j'ai repris mon bazar et je suis retournée sur une caisse à l'ancienne. A noter, depuis qu'on a installé les machines, les caisses manuelles ne sont jamais toutes ouvertes en même temps. Même à une heure de pointe, on n'ouvre que deux caisses avec des vrais gens derrière, ce qui entraîne forcément une queue de plusieurs mètres censée pousser les clients à utiliser les caisses automatiques, qui ne portent d'automatique que le nom puisque c'est toi client qui te farcis tout le boulot.

Et ces deux transformations ont permis de justifier une hausse du prix des pâtes.

C'est pas pour rien que j'achète quasiment tout ce que je mange au marché, au moins le commerçant te connaît, il te conseille sur ce que tu achètes, et si tu es un bon client, il t'offre un saucisson ou du rab de légumes.

samedi 16 mai 2009

Les générations

J'ai envie de parler un peu du concept de générations appliquées à l'immigration.

Pour rappel :

1ère génération : tu débarques en France
2ème génération : tes enfants naissent en France et ont la nationalité française.
3ème génération : tes petits enfants naissent en France et ont la nationalité française puisque tes enfants sont français.

J'ai récemment fait l'inventaire en remontant mon arbre généalogique. Accroche-toi à ton slip.

- Je suis née en France, ainsi que deux de mes soeurs, de parents algériens. Nous sommes donc 2ème génération.

- Mon frère et deux de mes soeurs sont nés en Algérie mais sont arrivés en France à 7 ans pour l'un, 6 ans pour l'autre, et 2 mois pour la dernière. Ils sont donc 1ère génération. Cela dit, comme ils étaient tout gosses, ils se sont adaptés très rapidement et ont été élevés comme s'ils étaient nés en France, et la plus jeune n'a même pas eu à faire l'effort d'apprendre une seconde langue. J'ai donc envie de dire qu'ils sont 2ème génération.

Alors là ça se complique.

- Ma mère est née en Algérie et a débarqué en France à 28 ans. Elle est donc 1ère génération. Cependant, son père était haut fonctionnaire dans l'administration française. Il était donc français jusqu'à l'indépendance, et ma mère est née française - de seconde zone certes mais française quand même. Mais bon, accordons le point à la 1ère génération, mon grand-père maternel n'a jamais vécu en métropole.

- Mon père est né en Algérie et a fait des allers retours pendant plusieurs années entre la France et l'Algérie, avant de s'y installer définitivement à 29 ans. Cependant, il est allé à l'école à Paris. En effet, mon grand-père travaillait déjà en France, et il avait pris deux de ses fils sous le bras. On peut donc se demander si mon père n'est pas 2ème génération.

Ce qui ferait de moi une 3ème génération par mon père, mais une 2ème génération par ma mère.

Nous nous trouvons donc devant une notion qui ne veut rien dire, si ce n'est que peu importe l'époque où ta famille est arrivée en France, on ne te dira jamais que tu es français tout court.

On te mettra dans une case, celle du Français pas tout à fait fini.

Après tout, on ne se défait pas si facilement de sa bougnoulitude.

samedi 25 avril 2009

Le chômage du cerveau

Déjà que ce n'est pas évident de trouver un premier job quand on est jeune, la crise n'arrange rien.
Heureusement, SuperNico© est là pour nous sauver. Il réunit tous ses potes à une grande kermesse où il annonce qu'un tiers des jeunes sont au chômage.

Au lieu de vérifier les chiffres (23 % des jeunes au chômage, c'est 8% des jeunes actifs), Libération envoie ses journalistes au feu, sur le terrain, pour interviewer quelques uns de ces malchanceux, qui n'arrivent pas à s'insérer dans le monde professionnel, malgré toute la vaseline dont ils ont dû s'enduire pendant leurs stages.
Les lecteurs de l'édition en ligne réagissent. C'est frais, ça sent la violette et le poujadisme, et c'est pour le plaisir de tes yeux. Port de lunettes de chantier recommandé, la matière fécale, ça pique les yeux.
Moi qui espérais que Libé était encore lu par des gens de gauche.

Donc, le chômage des jeunes. J'aime bien cette appelation fourre-tout, "jeune".

On comprend qu'il y en a plusieurs catégories, pas du tout caricaturales :

- le jeune de banlieue, qui a péniblement obtenu un Master pâtissier-magicien, et qui ne trouve pas de boulot. Toujours chez sa mère qu'il ne quittera que pour se trouver une femme qu'il couvrira d'un voile et qu'il frappera tout comme il frappera ses 18 enfants, il choisit la voie de la facilité en dealant du shit et en pillant les magasins lors des manifs. Et s'il ne devient pas délinquant, il fait manutentionnaire, et il ne fait rien qu'à se plaindre au lieu de chercher un vrai job.
Commentaire du lecteur de Libé : "Comme quoi, la banlieue et l'université combinées, ça produit la lie de l'humanité. Il n'avait qu'à faire HEC comme mon fils qui est maintenant trader."

- le jeune déclassé, dont les parents sont issus de la classe moyenne (on reparlera de cette notion rigolote aussi) , qui a fini son master à 25 ans et qui ne trouve pas de job à l'issue de son cursus. Il apprend donc à faire du vélo et passe le concours de facteur.
Commentaire du lecteur de Libé : "Trop gâtée, la jeunesse d'aujourd'hui ne reconnaît plus la valeur travail. Il faudrait les fouetter ces jeunes qui ne pensent qu'à toucher un super salaire en se tripotant. S'il fait facteur, c'est surtout pour les vacances saloperie de fonctionnaire."

- le jeune pété de thunes, à qui les parents ont eu les moyens de payer les grandes écoles, et qui a vu son temps de chômage après fin de cursus s'allonger de deux semaines à un mois. Cet allongement du délai pour trouver un job prouve bien que c'est la crise (par contre, les fermetures d'usine qui laissent 800 mecs sur le carreau, c'est normal).
Commentaire du lecteur de Libé : "C'est dommage, hein. Le pauvre. Encore un candidat à l'exil. Halte à la fuite des cerveaux. Mon fils est aux UK, et il me manque, mais au moins il gagne 50% de plus que ce la France lui offre."

- et enfin, le jeune qui a fait prof, mais qui est trop con d'avoir choisi cette voie alors que n'importe quel bac +4 dans le privé est vachement mieux payé que lui.
Commentaire du lecteur de Libé : "Prof, la connerie du siècle. N'importe quel bac +4 dans le privé est vachement mieux payé que lui. Quand mon fils a voulu faire prof, je le lui ai fortement déconseillé, puis je l'ai enfermé dans le congélo."

Le jeune, c'est apparemment un célibataire entre 18 et 30 ans, qui s'est branlé pendant ses études parce qu'il a été trop bête pour choisir la bonne filière ou le bon établissement, et qui demande trop quand il cherche un salaire correct pour pouvoir se trouver un appart pour trombiner sa copine, bouffer correctement et éventuellement prendre des vacances de temps en temps.

Sauf que le jeune, ça peut aussi être quelqu'un de marié, quelqu'un qui a commencé à bosser tôt, quelqu'un qui est passionné, quelqu'un qui se fout de toucher le salaire médian et pas plus, du moment qu'il peut vivre décemment.

Et par-dessus le jeune qui galère, tu as le quinqua qui a la chance d'être en fin de carrière, et qui a éventuellement eu la chance de passer à travers la mise au placard des vieux. Il t'explique comment lui s'en est sorti, comment le bac était vachement plus dur à l'époque, que tout ça c'est la faute à mai 68, et que l'université est une usine à merde. Tu as le jeune qui lui a réussi l'exploit d'avoir un boulot, et qui s'en trouve plus intelligent que les autres. Alors que si tu fais le calcul, 8% des jeunes actifs au chômage, c'est 92% des jeunes actifs qui bossent...

Quand je lis les commentaires de Libération et que j'ai bien pu apprécier la qualité nutritive de mon vomi, je ne vois que des réactions sans nuances, à l'image du reportage ou des mesures de Sarkozy. Et je vois surtout qu'on a réussi à poser des oeillères aux gens qui savent lire. Chez le lecteur, il n'y a plus de prise en compte de la situation particulière de chacun, si ce n'est la sienne propre. Celui qui en chie, c'est de sa faute, il alourdit la dette de l'état et il viole les petits enfants. Par contre quand moi j'en chie, c'est la faute au système. Quand on lit le témoignage de quelqu'un, ce n'est plus pour le replacer dans un contexte, mais pour comparer sa situation à la sienne et soupirer de soulagement. Les media officiels n'offrent plus d'informations, il y a l'AFP pour ça, mais une catharsis pour pas cher.

C'est bien, on avance dans le bon sens. C'est plus simple de relayer les infos tripatouillées par le gouvernement, comme ça il y a moins de frais de fonctionnement. C'est plus simple de recueillir des témoignages sans les analyser, ça coûte un ticket de métro, et n'importe qui peut tenir un dictaphone sous le nez d'un jeune chômeur. On va quand même pas payer un pigiste avec des notions d'économie pour recroiser les chiffres, hein, ça réduirait la marge du journal, après on se fait taper sur les doigts par notre expert comptable, bref c'est que des emmerdes.

Et pendant que Roger tapera sa prose avec ses petites mimines, en espérant que son commentaire sera remarqué, il sera pas dans la rue, car les mots sont plus forts que les manifs, qui sont le terreau sur lequel pousse la petite délinquance.

jeudi 23 avril 2009

Anarchiste de droite

Il est à l'aube de la trentaine. Il est consultant, un de ces jobs fourre-tout mais correctement rémunérés que l'on fourgue aux bacs +5 contre un nombre illimité d'heures, où l'on brasse du vent que l'on vend très cher à des clients qui préfèrent avoir recours à des prestataires externes plutôt que d'embaucher. Il produit des rapports, des recos, des tableaux Excel, il pisse de la ligne.

Son père est pharmacien et possède sa propre officine. Il est salarié, rattaché à un responsable qu'il pense moins bon que lui. Il a un niveau d'études et de salaire inférieurs à ceux de son père. Il a voulu faire comme papa, puis s'est réorienté par manque de talentpeur de l'ennui. Il est ambitieux. Il travaille de 10 heures à 18 heuresbeaucoup. Il vit mal la transition, entamée il y a trois ans, de fils de pharmacien de province à consultant parisien. Il ne supporte pas l'anonymat de la capitale, ni la solitude de son deux pièces, lui qui habitait chez ses parents.

Il aime bien les petits commerçants de son quartier, mais les plaint un petit peu car ils ne parlent pas le français comme lui. Il fait ses courses chez Picard et Monoprix. Il est célibataire et macho, mais ne voit pas le lien de cause à effet. Il est amoureux de sa collègue, mais ne comprend pas pourquoi elle ne le choisit pas.

Il ne comprend pas pourquoi on ne le prend pas au sérieux. Il va quitter son job un jour, car il en a marre du manque de reconnaissance, du salaire qui ne reflète pas sa vraie valeur, de son chef qui le rabaisse en permanence et ne lui laisse pas d'autonomie., de la charge de travail. Il insultechambre la standardiste régulièrement, sort quelques blagounettes sexistes, se colle un post-it sur le zizi pour égayer l'ambiance. Ses collègues ne l'aiment pas, mais c'est de leur faute, ils manquent cruellement d"humour. Cela fait deux ans qu'il est là, mais il partira bientôt.

Pour lui, les syndicats ne sont qu'un ramassis de tire au cul, et les chômeurs n'ont qu'à se trouver un travail. Lui-même est débordé et s'en plaint, mais au moins, il se lève le matin. Il méprise les salariés qui se renseignent sur leurs droits au lieu de développer leurs compétences. Il pense que l'on devrait contrôler les flux migratoires pour préserver l'emploi.

A la moindre contrariété générée par son chef, il chope la grippe et prend une semaine de congé maladie.

Un jour, il décide de faire monter les enchères car il est indispensable. Il menace de partir car il est au bout du rouleau, mais restera contre compensation. Le PDG lui propose une transaction pour un licenciement en douceur, trop content de se débarasser de ce salarié ingérable. Il est sonné lorsqu'il reçoit la lettre de convocation à un entretien préalable. Il commence à potasser sa convention collective pour négocier son indemnité de licenciement au mieux. Il se plaint de harcèlement. Sommé de coucher sa plainte par écrit, il ne donne pas suite. Il obtient la dispense de préavis, trois mois payés sans obligation de se présenter sur le lieu de travail. Il prend des vacances pour ensuite commencer dans un cabinet 20 fois plus gros, sur un poste beaucoup mieux payé, persuadé que le volume horaire mentionné lors de son entretien ne s'appliquera pas à lui. Il n'a pas à s'adapter au management, c'est le management qui s'adaptera à lui.

Il s'est fait tout seul, n'a besoin de personne. Il vaut mieux que tout le monde.

Il est anarchiste de droite.

samedi 18 avril 2009

Rue des Entrepreneurs

Mon premier vrai job, je l'ai trouvé dans un cabinet d'avocats. Pas un truc de clodo, hein attention. Un vrai de vrai vers les Champs-Elysées, plusieurs centaines d'avocats et d'administratifs pour les épauler dans leur quête effrénée de justicepognon.

Ce cabinet d'avocats, c'était pas The Practice, avec des Associés beaux comme des dieux qui défendent la veuve et l'orphelin et qui se posent des cas de conscience, aux prises avec leur sconvictions personnelles sur des trucs futiles genre la peine de mort et les gens pas nets qui congèlent leurs bébés. Non non. Là je te parle d'une espèce à part dans la profession : les avocats d'affaires. Les mecs qui préparent les contrats pour les ouvertures de capital, les introduction en bourse, les opérations de titrisation, de fusions acquisitions et de transactions immobilières genre LBO, ingrédients du libéralisme triomphant qui nous a mené dans la situation économique actuelle. Surtout que ça doit être passionnant comme taf de rédiger des contrats au kilomètre pour les banques. Quand je te dis que tu fais ce job pour l'amour du risque.

Revenons d'ailleurs sur le mot libéralisme. Quand j'entends Laurence Parisot ou Jean-Marc Sylvestre à la radio, je comprends que le libéralisme, c'est la culture du risque, le goût de l'exploit, un certain héroïsme dans cette jungle qu'est l'économie française. Le libéralisme, c'est construire quelque chose de pérenne et bénéficiaire malgré les obstacles mis sur le chemin par des législateurs mal intentionnés et certainement anarcho-communistes dans l'âme, même s'ils s'en défendent.

Et justement, c'est dans ce temple du fric où mon supérieur direct se faisait environ 40 000 euros par mois, que j'ai vu le modèle d'entreprise le plus paternaliste qui soit.

Quand tu rentres dans ce genre de cabinet en tant qu'avocat, tu as un cursus standard : 2 Masters minimum dans la spécialité que tu as choisie. A partir de là, tu sais que si tu restes entre 8 et 10 ans, et que tu es un homme, tu pourras prétendre à l'association, qui ensuite te garantira un revenu de plusieurs dizaine de milliers d'euros jusqu'à ta retraite, après en avoir chié en tant que collaborateur junior, confirmé, puis sénior. Une fois à la retraite, tu auras l'autorisation de repasser au bureau de temps en temps, pour passer tes coups de fil et faire taper tes courriers persos par une secrétaire.

En gros, te faire embaucher en tant qu'avocat en cabinet, c'est l'équivalent du salariat, sauf que tu ne coûtes quasiment rien à ton employeur, puisque tu paies tes propres charges sociales. Après en termes d'évolution et de lien de subordination, c'est tout kif kif. Et comme le monde est petit, lorsqu'on veut te lourder, on te demande de partir et on te laisse 6 mois pour trouver un poste ailleurs. Ca change de l'entretien de licenciement et du courrier RAR suivi par un licenciement effectif dans les deux mois.

En gros, le système ne t'encourage absolument pas à aller voir ailleurs comment ça se passe, il vaut mieux rester plusieurs années au même endroit afin de tisser les bons réseaux au sein de la structure, puisque les associations se décident par le vote des associés déjà en place.

J'ai vu quelques personnes démissionner pour aller bosser ailleurs. Les mots dans la bouche de ceux qui restent sont du champ lexical de la trahison. (Le plus drôle que j'ai entendu, c'est un associé qui venait de perdre une de ses collaboratrices séniors - partie se faire payer 50% de plus de l'autre côté de la rue- et qui n'a rien trouvé de mieux à dire que : "je pensais pas qu'elle ferait ça pour le fric". Je vous rappelle que nous étions alors chez les avocats d'affaires.) Dans ce microcosme, les gens qui sont là depuis longtemps on tendance à oublier qu'il y a un monde du travail, quelque part à l'extérieur. Quand je me suis moi-même tirée, on m'a demandé si c'était parce que je n'aimais plus les gens avec qui je bossais. Tu parles salaire, on te parle affectif. C'est très libéral tout ça.

C'est marrant, je pensais que dans le monde du travail d'aujourd'hui, il fallait encourager la mobilité et la possibilité de louer sa force de travail au plus offrant, plutôt que de miser sur un plan de carrière au long cours chez le même employeur.

Ah, on me parle dans l'oreillette.

Ah d'accord, ce message du MEDEF n'était pas adressé aux personnes percevant 4 000 euros mensuels et plus. Effectivement, c'était écrit en tout petit dans un coin.

Au temps pour moi.

vendredi 17 avril 2009

Symbiose totale

J'ai appris qu'une jeune mère digne de ce nom, tant qu'elle est en congé maternité, ne doit jamais AU GRAND JAMAIS se séparer de son téniaenfant.

C'est vrai, après tout, tu ne peux pas le faire garder par la crèche parce qu'il est trop jeune, et le papa a repris le boulot après ses 15 pauvres jours de congés autorisés. Bon sauf qu'en l'occurence, le papa a eu la bonne idée de conserver des congés sur son Compte Epargne Temps pour l'occase.

Donc, petit tour à la sécu début mars pour déclarer la naissance de mon fils et le mettre sur ma Carte Vitale, pendant que M. Hamster pouponne.

La connassedame au guichet : "Date de naissance?"
Moi : "c'est écrit sur l'acte de naissance que je viens de te filer tu sais pas lire, moruele 15 février"
La connasse "Et vous en avez fait quoi? Il n'est pas avec vous?"
Moi - je la joue blagueuse pour pas lui en retourner une (ne jamais énerver un agent de service public) : "Je l'ai donné, c'était juste pour percevoir les allocs hahaha(rire standard et faux cul)"

Regard étrange de la dame.

Depuis, pas reçu la visite des services sociaux, mais je guette.

PS : le pire, c'est que j'ai reçu la même remarque à la con de la guichetière la banque. Sauf que celle-là je l'ai fumée. C'est lâche et mal, mais c'est fou ce que ça fait du bien.

mercredi 15 avril 2009

Et toi t'es d'origine?

La question qui tue. Si tu n'as pas une tête typiquement française (ce qui reste en ce qui me concerne une notion tout à fait abstraite, je ne peux pas te dire ce qui a l'air français ou pas), la question est "Et toi, t'es d'origine?". Jusqu'à nouvel ordre, je ne suis ni un camembert ni une bouteille de pinard, aussi cette question m'a toujours mise de travers.

C'est la version politiquement correcte de "t'es arabe?". Ah ben oui, parce que si t'étais africain ça se verrait, et français ou européen de l'ouest aussi. Mais toi là, t'es un peu bronzé, t'as un nez un peu long et des cheveux bruns qui frisouillent, aussi j'ai l'impression que t'es peut-être arabe. Mais je suis pas sûr, ça se trouve t'es marseillais ou t'as un parent du sud de l'Europe, aussi je vais pas te faire l'affront de te demander si tu es arabe, parce que si tu l'es pas tu risques de mal le prendre. Mais pas savoir tes origines, ça me fout quand même mal à l'aise.

Je me suis toujours demandé pourquoi certaines personnes que j'ai rencontrées dans ma vie, à la fac comme au boulot, ou en soirée, m'ont posée cette question en troisième position juste après "comment tu t'appelles" et "tu fais quoi dans la vie". Comme si ça allait changer quelque chose de savoir que mes parents viennent du bled. Encore ça serait pour te parler de quelque chose d'intelligent en rapport avec ça, mais on te ressert toujours les mêmes clichés.

Petit florilège :

"j'aime bien les gateaux que vous faites"
"et tu manges du porc?" (note bien l'amalgame religieux)
"j'adore le thé à la menthe"
"Je suis allé à Agadir cet été, j'ai super bien bronzé, vous avez des plages magnifiques".

Sauf qu'en l'occurence, les Kabyles ne sont pas des Arabes, que l'Algérie, la Tunisie et le Maroc sont trois pays distincts, que mes parents viennent de villages dans les montagnes où il neige en hiver et que je suis allée en Algérie trois fois dans ma vie, donc une où j'avais trois ans, et dont je ne me rappelle pas.

Une fois, à la fac - la Sorbonne, donc un pourcentage d'étudiants "d'origine étrangère" beaucoup moins élevé qu'à Saint-Denis - on s'est même étonné que je parle sans accent de la cité.

Comme quoi, faire de longues études dans un établissement parisien renommé ne préserve pas de la connerie.

samedi 11 avril 2009

Quand on est femme on est un con

Il paraît que dans la vie d'une femme, il y a deux événements importants : le mariage et l'accouchement, qui te permettent de t'affirmer en tant que femme parce qu'une nénette célibataire sans enfant c'est pas une femme, c'est autre chose, c'est moisi de la moule, ça pue et ça fait rien qu'à claquer son fric qu'elle a gagné elle-même dans des trucs futiles au lieu de participer au repeuplement la planète, pute d'égoïste, sodomite. Pour avoir traversé les deux épreuves, je trouve que c'est surtout un moyen de se rendre compte à quel point la société a intégré que la femme est et restera, malgré tous les efforts entrepris pour leurrer le monde, une grosse conne bonne qu'à torcher des gosses. Je m'en doutais depuis longtemps,mais j'en ai eu confirmation lors de ma récente grossesse.

Un jour,je reçois dans ma boîte à lettres (la vraie hein celle qui s'ouvre avec une clé. Bande de geeks va) un gros fascicule de la Sécu sur la grossesse et le suivi du gniard une fois au grand air, adressé à moi, la maman. Ca parle examens médicaux, hygiène de vie, visite du chiard chez le médecin et allocations familiales. Que des trucs passionnants qu'une mère se doit de savoir. Et sur la couverture il y a une jolie madame qui embrasse son ventre d'un regard plein d'amour et dedans de jolies photos de mamans blondes avec un bébé blond dans les bras, et de jolies photos de bébé qui font coucou sous la couette,le tout habillé de bleu et rose pastel, avec des petits papillons.

Quelques mois plus tard, je reçois dans ma boîte à lettres (toujours la même, celle avec la clé) une lettre un peu épaisse adressée à M. Hamster, du Ministère de la Famille. C'est un petit fascicule tout fin, tout merdique dans sa mise en page, couleurs primaires bleu-blanc-rouge parce que ça rigole pas, avec écrit dessus "Livret de Paternité". Et dedans de précieux conseils sur la transmission du nom et son cadre juridique, les devoirs des parents envers l'enfant et vice versa (véridique : ton gamin est même pas né qu'on t'informe déjà que tu pourras l'attaquer en justice s'il ne s'occupe pas de toi quand il sera grand et en train de construire sa vie alors que tu seras vieux et mou de la nouille), et surtout, on t'informe que ton enfant te doit honneur et respectet qu'il est encore temps de te procurer un martinet.

A la mère les considérations de la vie quotidienne, les vaccins et les visites à la sécu, l'amour inconditionnel et le torchage de cul, que du concret quoi. Quant au père, l'état l'incite naturellement à réfléchir à ces valeurs abstraites que sont le respect et l'autorité, tout en lui donnant un éclairage sur quelques points de droit de la famille, notions trop compliquées popur que l'on se fatigue à les expliquer à la future mère, qui sera trop occupée à trouver une nounou pour s'inquiéter de transmettre son nom à son môme, puis bon, le droit, c'est pas une affaire de femmes, c'est connu qu'elles préfèrent lire la rubrique sexo de Cosmo.

jeudi 9 avril 2009

Un nom, une personne

Il y a trois ans, je me suis mariée (cotilloooons)

Juste après, mon mari et moi avons fait refaire nos cartes d'identité pour cause de changement de nom.

Je m'explique : j'ai conservé mon nom de jeune fille (je me voyais pas changer de nom après 24 ans d'existence en tant qu'individu autonome), mais Monsieur Hamster et moi voulions que nos patronymes apparaissent sur la carte de l'autre. En gros, M. Hamster serait M. X époux Hamster, et je serais Mme Hamster épouse X. Ca semble pas super compliqué, comme ça. Ben si.

On s'est retrouvé devant la secrétaire municipale de ma ville de plus de 50 000 habitants en proche banlieue parisienne (pour te dire qu'on était pas chez les pécores, et qu'on pensait vraiment pas que ça poserait de souci). On commence à remplir le Cerfa, et quand on a fini,on le lui tend d'une main gracile, le sourire
faux-culaux lèvres. Note importante : ne jamais se fâcher avec les gens de l'administration, sous peine de voir son dossier malencontreusement perdu derrière une armoire et retrouvé 6 mois plus tard. (Une autre frange de la population avec laquelle il ne vaut mieux pas se fâcher, ce sont les gynécos, ou alors seulement quand il a retiré ses doigts - on en reparle dans un autre billet).

Je te raconte pas sa gueule à la grosse quand elle a vu que Monmari avait aussi rempli le champ "Epoux(se)" (note bien le "x(se)", ça veut dire que c'est possible, non?), ses yeux se sont révulsés et sa tête a fait un tour sur elle-même.

Je partage avec toi le dialogue qui s'en suit :

"Nonsasépaspossib"
"Ben pourquoi?"
"Paskesasfépa" (en plus elle s'énervait car on lui faisait sans doute perdre son temps avec nos conneries de questions. morue va.)

Bon alors moi j'avais un peu prévu le coup, parce que quand t'as fait la fac, les secrétaires qui te gerbent à la gueule tu connais, donc j'avais imprimé ça http://www.senat.fr/lc/lc69/lc696.html

Et l'autre conne là, qui me sort "ah oui mais madame sur internet on trouve n'importe quoi". Oui c'est sûr que le webmestre de senat.fr il a que ça à foutre de mettre des hoax sur son site.
Bon, comme on insistait, elle a appelé
la personne qui savait liresa chef tout en se vexant qu'on remette en cause son professionnalisme.

Bref on finit de remplir nos cerfa, puis on les lui tend d'une main raide et le sourire
faux-culcrispé (à ce moment-là, c'est dans son cul qu'on avat envie de le mettre le dossier.

Un peu plus tard, on retourne chercher nos cartes, la mienne nickel (oui, c'est normal que la femme prenne le nom de son époux) par contre, sur la carte de mon mari, rien. Que dalle. Comme si on n'avait jamais rempli la case "époux(se)" - d'ailleurs je soupçonne la secrétaire de mairie d'avoir passé un petit coup de Tipp-ex n vu ni connu, parceque bon c'est elle la professionnelle de la carte d'identité, c'est pas des merdeux d'usagers qui vont changer ses méthodes de travail hein. Donc on l'a refusée, et on est retournés la chercher la semaine d'après. Toujours pas de Epoux : Hamster (pas possible de prendre le nom de ta femme comme nom d'usage cf le lien ci-dessus), mais un Epoux : X-Hamster trop bizarre, et qui nous a occasionné des emmerdes par la suite, je te raconterai ça dans un autre billet.

Tout ça pour dire que l'on peut faire toutes les "journées de la femme" qu'on veut, si l'égalité de traitement ne s'applique pas pour des trucs aussi bêtes que le nom, ben on n'est pas rendus.